Une heure dans la boutique Hugo Boss de l’avenue Liberdade à Lisbonne, et les 3 000 euros dépensés en tee-shirts, chemises et pantalons font briller de satisfaction les yeux de Luis Carlos. Les achats sont un cadeau de son oncle, chef d’entreprise angolais, qui à l’occasion d’un voyage d’affaires au Brésil a fait escale dans la capitale portugaise et rendu visite à son neveu de 24 ans, étudiant en informatique. Les intentions du jeune homme sont claires : retourner en Angola à la fin de ses études et se lancer dans les affaires familiales. “Ici c’est bien pour étudier et passer du bon temps, mais là -bas c’est mieux pour travailler.†La haute société angolaise vient donc dépenser son argent au Portugal. Les vols quotidiens en provenance de Luanda déversent une nouvelle vague de gens fortunés qui garantit la survie des boutiques de luxe de l’avenue Liberdade – la dixième artère la plus chère au monde. Et la Movida nocturne se nourrit des jeunes issus de l’élite angolaise, qui fréquentent des soirées où l’on entre sur invitation et où l’on consomme du champagne à 4 000 euros.
Le Portugal est en solde, avec des privatisations incluant notamment la principale compagnie aérienne, la TAP, l’EDP [l’équivalent d’EDF] et la REN [le gestionnaire public du réseau électrique], des banques en manque de capital, des industries en faillite ou un immobilier plus accessible qui attirent de plus en plus les Angolais. Selon l’Agence pour l’investissement et le commerce extérieur du Portugal (l’Aicep), entre janvier et juin 2011 les Angolais ont investi 35 millions d’euros. “Ils ont commencé dans l’immobilier, achetant des maisons, à Lisbonne la plupart du temps, pour leurs enfants qui viennent étudier ici, et maintenant ils s’attaquent à l’industrie et au secteur financierâ€, souligne Mira Amaral, président de la banque luso-angolaise BIC. A titre d’exemple, l’investissement angolais représente près de 10 % du secteur luxe de la société immobilière Century 21 au Portugal. Ce n’est pas un hasard si le président angolais, José Eduardo dos Santos, a été considéré comme le sixième homme le plus puissant de l’économie portugaise par le quotidien économique Jornal de Negócios. En 2010, 3,8 % de la Bourse portugaise était détenue par des capitaux angolais, suite, notamment, à l’entrée en force au Portugal d’Isabel dos Santos, la toute-puissante fille du président. Sans oublier les poids lourds politiques, comme Hélder Vieira Dias, chef du cabinet militaire du président angolais, qui possède des intérêts dans le vin et le secteur f
Le Portugal est en solde, avec des privatisations incluant notamment la principale compagnie aérienne, la TAP, l’EDP [l’équivalent d’EDF] et la REN [le gestionnaire public du réseau électrique], des banques en manque de capital, des industries en faillite ou un immobilier plus accessible qui attirent de plus en plus les Angolais. Selon l’Agence pour l’investissement et le commerce extérieur du Portugal (l’Aicep), entre janvier et juin 2011 les Angolais ont investi 35 millions d’euros. “Ils ont commencé dans l’immobilier, achetant des maisons, à Lisbonne la plupart du temps, pour leurs enfants qui viennent étudier ici, et maintenant ils s’attaquent à l’industrie et au secteur financierâ€, souligne Mira Amaral, président de la banque luso-angolaise BIC. A titre d’exemple, l’investissement angolais représente près de 10 % du secteur luxe de la société immobilière Century 21 au Portugal. Ce n’est pas un hasard si le président angolais, José Eduardo dos Santos, a été considéré comme le sixième homme le plus puissant de l’économie portugaise par le quotidien économique Jornal de Negócios. En 2010, 3,8 % de la Bourse portugaise était détenue par des capitaux angolais, suite, notamment, à l’entrée en force au Portugal d’Isabel dos Santos, la toute-puissante fille du président. Sans oublier les poids lourds politiques, comme Hélder Vieira Dias, chef du cabinet militaire du président angolais, qui possède des intérêts dans le vin et le secteur f

