La gale est une maladie récurrente», explique le régisseur. Chaque nuit, une équipe de détenus doit vidanger les fosses septiques. «En une nuit, j'ai vidé 800 seaux d'excréments», raconte Matthieu, 22 ans, incarcéré pendant 3 mois et demi pour avoir pris part, fin février, à des manifestations contre la cherté de la vie.
«Des gens meurent tous les jours», explique-t-il. De maladies, d'agressions mais aussi de faim : la nourriture quotidienne se compose d'une poignée de maïs avec quelques haricots au déjeuner et d'un peu de riz pour le dîner. Un racket contrôlé par des détenus et les gardiens régit le quotidien de New Bell. «Il faut payer pour tout: 45.000 francs CFA (68 euros) pour une couchette, 2.500 francs CFA (3,8 euros) pour éviter les corvées, 100 francs CFA (0,15 euro) par semaine pour utiliser les toilettes», indique Matthieu.
«J'ai vu un prisonnier se faire poignarder avec un poinçon parce qu'il avait utilisé les toilettes sans payer», rapporte le jeune homme qui parle d'enfer». «Les gardiens n'interviennent jamais quand il y a une bagarre entre détenus», affirme-t-il soulignant qu'il ne faut pas espérer être protégé par les matons. «La prison compte à peine 150 personnes pour assurer l'administration et les gardes. Il en faudrait 700», confie M. Tsala Amougou. Absence d'activité, promiscuité, faim, agressivité exacerbée: il suffit d'un rien pour provoquer une mutinerie ou un soulèvement, explique le régisseur.
«Il faut absolument délocaliser cette prison», soutient M. Tsala Amougou. Des études sur un terrain à 20 km de Douala ont été réalisées mais le projet n'avance pas. Pour désengorger New Bell, il faut aussi accélérer et respecter les procédures judiciaires, insiste-t-il. «On continue de placer sous mandat de dépôt des gens accusés de défaut de carte d'identité ou d'abus de confiance». Résultat, plus de 70% des détenus de New Bell sont des prévenus, en attente de jugement. Certains depuis plusieurs années.
«Des gens meurent tous les jours», explique-t-il. De maladies, d'agressions mais aussi de faim : la nourriture quotidienne se compose d'une poignée de maïs avec quelques haricots au déjeuner et d'un peu de riz pour le dîner. Un racket contrôlé par des détenus et les gardiens régit le quotidien de New Bell. «Il faut payer pour tout: 45.000 francs CFA (68 euros) pour une couchette, 2.500 francs CFA (3,8 euros) pour éviter les corvées, 100 francs CFA (0,15 euro) par semaine pour utiliser les toilettes», indique Matthieu.
«J'ai vu un prisonnier se faire poignarder avec un poinçon parce qu'il avait utilisé les toilettes sans payer», rapporte le jeune homme qui parle d'enfer». «Les gardiens n'interviennent jamais quand il y a une bagarre entre détenus», affirme-t-il soulignant qu'il ne faut pas espérer être protégé par les matons. «La prison compte à peine 150 personnes pour assurer l'administration et les gardes. Il en faudrait 700», confie M. Tsala Amougou. Absence d'activité, promiscuité, faim, agressivité exacerbée: il suffit d'un rien pour provoquer une mutinerie ou un soulèvement, explique le régisseur.
«Il faut absolument délocaliser cette prison», soutient M. Tsala Amougou. Des études sur un terrain à 20 km de Douala ont été réalisées mais le projet n'avance pas. Pour désengorger New Bell, il faut aussi accélérer et respecter les procédures judiciaires, insiste-t-il. «On continue de placer sous mandat de dépôt des gens accusés de défaut de carte d'identité ou d'abus de confiance». Résultat, plus de 70% des détenus de New Bell sont des prévenus, en attente de jugement. Certains depuis plusieurs années.

