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DOUALA DOUALA a écrit le 7 novembre 2011 à 15h38
«J'ai vu un prisonnier se faire poignarder avec un poinçon parce qu'il avait utilisé les toilettes sans payer», rapporte le jeune homme qui parle d'enfer». «Les gardiens n'interviennent jamais quand il y a une bagarre entre détenus», affirme-t-il soulignant qu'il ne faut pas espérer être protégé par les matons. «La prison compte à peine 150 personnes pour assurer l'administration et les gardes. Il en faudrait 700», confie M. Tsala Amougou. Absence d'activité, promiscuité, faim, agressivité exacerbée: il suffit d'un rien pour provoquer une mutinerie ou un soulèvement, explique le régisseur. «Il faut absolument délocaliser cette prison», soutient M. Tsala Amougou. Des études sur un terrain à 20 km de Douala ont été réalisées mais le projet n'avance pas. Pour désengorger New Bell, il faut aussi accélérer et respecter les procédures judiciaires, insiste-t-il.

«On continue de placer sous mandat de dépôt des gens accusés de défaut de carte d'identité ou d'abus de confiance». Résultat, plus de 70% des détenus de New Bell sont des prévenus, en attente de jugement. Certains depuis plusieurs années.
Personnel pénitentiaire, anciens détenus, militants des droits de l'homme... Tous sont unanimes: la vie à New Bell, la prison centrale de Douala, est un véritable «enfer», auquel ont essayé d'échapper seize prisonniers tués fin juin lors d'une tentative d'évasion. «Ce qui s'y passe dépasse tout ce qu'on peut imaginer», soupire Madeleine Afité, de l'ONG Action des chrétiens contre la torture (Acat). «New Bell concentre toutes les violations des droits de l'homme». Construite en 1935 au coeur du quartier populaire de New Bell, la prison de la capitale économique du Cameroun, qui devait initialement accueillir une caserne, est un ensemble de vieux murs jaunâtres et crasseux surmontés de fils barbelés et de quatre petits miradors rudimentaires.

Elle est entourée de maisons d'habitation et bordée de rues complètement défoncées. «C'est la prison la plus surpeuplée du pays», déplore son régisseur Joseph Tsala Amougou. Aujourd'hui, 3.421 détenus s'y entassent alors que la capacité d'accueil est au grand maximum de 800 personnes. Faute d'espace à l'intérieur des bâtiments sales et extrêmement vétustes, la majorité des détenus vit et dort dans la cour centrale. Plus rien ne sépare les différents «quartiers» carcéraux. «Les grands bandits se mélangent aux autres», selon M. Tsala Amougou. Les mineurs sortent de New Bell «plus délinquants encore qu'avant leur incarcération», estime-t-il. Certains
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