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DOUALA DOUALA a écrit le 7 novembre 2011 à 15h37
L'enfer de la prison New Bell de Douala

Personnel pénitentiaire, anciens détenus, militants des droits de l'homme... Tous sont unanimes: la vie à New Bell, la prison centrale de Douala, est un véritable «enfer», auquel ont essayé d'échapper seize prisonniers tués fin juin lors d'une tentative d'évasion. «Ce qui s'y passe dépasse tout ce qu'on peut imaginer», soupire Madeleine Afité, de l'ONG Action des chrétiens contre la torture (Acat). «New Bell concentre toutes les violations des droits de l'homme». Construite en 1935 au coeur du quartier populaire de New Bell, la prison de la capitale économique du Cameroun, qui devait initialement accueillir une caserne, est un ensemble de vieux murs jaunâtres et crasseux surmontés de fils barbelés et de quatre petits miradors rudimentaires.

Elle est entourée de maisons d'habitation et bordée de rues complètement défoncées. «C'est la prison la plus surpeuplée du pays», déplore son régisseur Joseph Tsala Amougou. Aujourd'hui, 3.421 détenus s'y entassent alors que la capacité d'accueil est au grand maximum de 800 personnes. Faute d'espace à l'intérieur des bâtiments sales et extrêmement vétustes, la majorité des détenus vit et dort dans la cour centrale. Plus rien ne sépare les différents «quartiers» carcéraux. «Les grands bandits se mélangent aux autres», selon M. Tsala Amougou.

Les mineurs sortent de New Bell «plus délinquants encore qu'avant leur incarcération», estime-t-il. Certains sont aussi régulièrement violés par des détenus adultes, dénonce Madeleine Afité. Eau peu abondante, canalisations et WC à ciel ouvert, inondations régulières: la situation sanitaire est épouvantable. «Les problèmes de santé sont nombreux. La gale est une maladie récurrente», explique le régisseur. Chaque nuit, une équipe de détenus doit vidanger les fosses septiques.

«En une nuit, j'ai vidé 800 seaux d'excréments», raconte Matthieu, 22 ans, incarcéré pendant 3 mois et demi pour avoir pris part, fin février, à des manifestations contre la cherté de la vie. «Des gens meurent tous les jours», explique-t-il. De maladies, d'agressions mais aussi de faim : la nourriture quotidienne se compose d'une poignée de maïs avec quelques haricots au déjeuner et d'un peu de riz pour le dîner. Un racket contrôlé par des détenus et les gardiens régit le quotidien de New Bell. «Il faut payer pour tout: 45.000 francs CFA (68 euros) pour une couchette, 2.500 francs CFA (3,8 euros) pour éviter les corvées, 100 francs CFA (0,15 euro) par semaine pour utiliser les toilette
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