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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Eto'ofille Eto'ofille a écrit le 9 octobre 2011 à 6h20
Brutalement réprimées, les émeutes urbaines de février 2008 -40 tués selon les autorités, 139 si l'on en croit la société civile locale- doivent au moins autant à la faim et à une sourde révolte sociale qu'à la colère suscitée par l'imposition, évoquée plus haut, d'une constitution taillée sur mesure. Le spectre de la violence flotte d'ailleurs sur cette vaste nation aux vingt millions d'âme. D'autant que l'après-Biya demeure indéchiffrable. Pas de rejeton intronisé, point de dauphin connu. Gare au vertige... Un rapport récent de l'International Crisis Group, ONG connue pour la pertinence de ses analyses, juge crédible le scénario d'une dérive conflictuelle de cette mosaïque travaillée par les crispations identitaires et linguistiques.
Complice, la France ménage un allié si loyal. En vertu, là comme ailleurs, d'une sacro-sainte et illusoire "stabilité". Mais aussi au nom des intérêts économiques de la centaine de filiales d'entreprises françaises établies sur le sol camerounais et des 200 entreprises détenues par des opérateurs bleu-blanc-rouge. Une anecdote parmi cent, relevée par Survie: le patron de la société de chemin de fer Camrail, qui a pour actionnaire majoritaire Bolloré, n'est autre qu'un député RDPC, ancien ministre de Biya. Et tant pis si le pays, lui, reste à quai.
N.B. : Deux ouvrages récents éclairent l'histoire tourmentée et le paysage politique du Cameroun. Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa. (La Découverte 2010). Et Au Cameroun de Paul Biya, par Fanny Pigeaud (Karthala 2011).
Merci de patienter...
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