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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Jojo Jojo a écrit le 6 octobre 2011 à 2h02
Lu dans le Canard Enchaîné: Paul Biya, le dictateur a temps partiel (suite)

Du coup, Biya réunit rarement son Conseil des ministres et doit, parfois après un délai d’un an, se faire expliquer qui est cet inconnu paré du titre de ministre des Sports. Il a récemment nommé préfet un fonctionnaire décédé depuis six mois.

A boycotté la plupart des réunions de l’Union africaine, dont il est un des doyens. Et vient de passer vingt ans sans mettre les pieds à Douala, la capitale économique !

Qui est donc cet intermittent capable de se maintenir trente ans au sommet d’un Etat délabré, classé 131e mondial à l’indice de développement de l’ONU, où l’espérance de vie n’est que de 52 ans ? Dans ce « château d’eau de l’Afrique », où moins de 30% des habitants ont l’eau potable, ce pays comblé de richesses minières et de pétrole et pourtant ravagé par la misère ? Lui, la misère, il déteste. Amateur de golf et de suites de luxe, il a par exemple en 2009, dépensé 900.000 euros en trois semaines de séjour pour lui et les (nombreux) siens à La Baule.

Cet éloignement d’avec son peuple ne l’empêche pas de savoir le tenir. Le haut du pouvoir, il le fréquente depuis... 1962, chargé de mission à la présidence. Auparavant, ce catholique avait passé sept ans au séminaire, avant des études en France, dont Sciences-Po.


Arrêtons le char à Biya

Au contact du président Ahmadou Ahidjo, installé au palais d’Etoudi par les Français lors de l’indépendance de 1960, il voit s’achever une effroyable guerre civile. Elle a abouti à l’élimination, avec l’aide active de Paris, de l’UPC, puissant parti nationaliste. Le bilan dépasse sans doute 100 000 morts. Biya a retenu quelques recettes : s’appuyer sur une armée forte, savoir utiliser le tribalisme (centré sur son ethnie, les Bétis) éviter de s’opposer aux Français, qui tiennent toujours l’économie.

En 1982, à la surprise générale, Ahidjo démissionne et Biya lui succède. Mais il essuie, deux ans plus tard, une tentative de putsch appuyée par le démis, qui s’est ravisé. «La date est fondatrice, explique l’africaniste Albert Bourgi. Elle lui permet de renforcer, après épuration, ses partisans dans l’armée, l’un des trois grands piliers du régime. » le deuxième, c’est une pléthorique administration (200 000 fonctionnaires), dans laquelle il laisse se développer une corruption à tous les échelons, de l’école au tribunal en passant par le permis de conduire.

Cette culture de prédation va jusqu’à l’ubuesque. En 2004, raconte le récent ouvrage de fanny Pigeaud, « Au
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