«À ceux qui tirent les ficelles de la division au Cameroun, je rappelle que Dieu n’est pas distrait », a-t-il ajouté. En 1987, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat Ferdinand Oyono ordonne la suspension, pour plusieurs années, des immatriculations foncières au profit d’« allogènes » autour de Yaoundé. En 1990, la décision soudaine des autorités de démolir à Yaoundé le collège Monthé, un important établissement scolaire privé, est vue comme une tentative de limiter l’influence bamiléké. Ce type d’opération a l’effet inverse à celui recherché par le pouvoir: au lieu d’affaiblir l’opposition naissante, de nombreux entrepreneurs bamiléké deviennent inquiets pour leurs affaires et retirent leur argent des banques, contribuant ainsi a la faillite de ces dernières. Aujourdhui, Au sein de l’administration, des postes semblent interdits aux Bamiléké et aux Nordistes, tandis que des départements de l’université sont réputés monopolisés par telle ou telle ethnie. L’Énam apparaît ainsi comme une enclave beti tandis que l’École polytechnique passe pour une principauté bamiléké.
Le lobby Essingan est très actif pendant cette période, Autodéfense, une milice essentiellement composée de jeunes hommes Beti, attaque violemment à plusieurs reprises les membres du « Parlement », réputé proche de l’opposition a l'universite de Ngoa-Ekelle. À Yaoundé, des messages appelant explicitement les Beti à chasser les Bamiléké de leur région et les Bamiléké à « rentrer chez eux » circulent « Peuple beti, nous les fiers guerriers de la forêt équatoriale, ensemble, levons-nous pour anéantir l’avancée impérialiste des Bamiléké car il y va de notre survie culturelle: chacun à sa place et nous sommes chez nous (FNLB).Ceux parmi l’élite intellectuelle beti qui s’opposaient à l’idéologie d’Éssingan ont subi des représailles. Le théologien et sociologue Jean-Marc Éla, notamment, a reçu « des lettres dites d’avertissement émanant de l’un des responsables de l’une des milices liées au pouvoir. Il lui était, par exemple, reproché de publier des articles dans les journaux dits bamiléké...Le Service oecuménique pour la paix et la promotion humaine a relevé, lors des élections législatives d’août 1997, de nombreux messages similaires à ceux véhiculés pendant les « années de braise », incitant à la haine et à la division : « les Bamiléké doivent aller voter chez eux »; « Bello Bouba, Haoussa, veut venger ses frères tués dans le putsch et Fru Ndi, Bamiléké, veut arracher les terrains aux Beti »; « Beti fossoyeurs »20. En 1999, des membres
Le lobby Essingan est très actif pendant cette période, Autodéfense, une milice essentiellement composée de jeunes hommes Beti, attaque violemment à plusieurs reprises les membres du « Parlement », réputé proche de l’opposition a l'universite de Ngoa-Ekelle. À Yaoundé, des messages appelant explicitement les Beti à chasser les Bamiléké de leur région et les Bamiléké à « rentrer chez eux » circulent « Peuple beti, nous les fiers guerriers de la forêt équatoriale, ensemble, levons-nous pour anéantir l’avancée impérialiste des Bamiléké car il y va de notre survie culturelle: chacun à sa place et nous sommes chez nous (FNLB).Ceux parmi l’élite intellectuelle beti qui s’opposaient à l’idéologie d’Éssingan ont subi des représailles. Le théologien et sociologue Jean-Marc Éla, notamment, a reçu « des lettres dites d’avertissement émanant de l’un des responsables de l’une des milices liées au pouvoir. Il lui était, par exemple, reproché de publier des articles dans les journaux dits bamiléké...Le Service oecuménique pour la paix et la promotion humaine a relevé, lors des élections législatives d’août 1997, de nombreux messages similaires à ceux véhiculés pendant les « années de braise », incitant à la haine et à la division : « les Bamiléké doivent aller voter chez eux »; « Bello Bouba, Haoussa, veut venger ses frères tués dans le putsch et Fru Ndi, Bamiléké, veut arracher les terrains aux Beti »; « Beti fossoyeurs »20. En 1999, des membres

