S’il avait été plus réaliste et fin, Gbagbo aurait dû miser sur les élections à venir plutôt que de livrer ses partisans et son pays à une telle aventure ? L’homme, faut-il le rappeler, avait donné de lui l’image d’un homme du peuple, au-delà même du populisme qui caractérisait son discours. On se souvient encore de sa verve d’opposant face au vieux Houphouët Boigny, et de son combat en faveur de la démocratie et du multipartisme. Mais ceci relève du passé ! Car, une fois propulsé à la tête de l’Etat ivoirien, l’homme fut rapidement gagné par la boulimie du pouvoir. Il finit donc par révéler un visage que peu lui connaissaient ! Non seulement il a exploité la thèse ségrégationniste de l’ivoirité au mépris même de l’idéal démocratique républicain, mais encore il s’est rapidement laissé gagner par la mégalomanie et l’illusion d’un pouvoir à vie. Son slogan de campagne ne donnait-il pas le sentiment que "on gagne ou on gagne", autrement dit : je suis au pouvoir, j’y reste ? Tout au long de son règne, le régime du FPI s’est illustré par un affairisme vil et désastreux au plan économique, mais s’est également compromis avec des dossiers ténébreux allant des crimes de sang notamment des assassinats de journalistes, à la gestion calamiteuse de fonds publics, de ceux du café et du cacao à ceux des déchets toxiques. Cela n’a pourtant jamais empêché ce parti de claironner partout un "anti-impérialisme" décontextualisé et à la limite bien ridicule. Cela, eu égard même à l’inconséquence observée dans le comportement des élites alors au pouvoir à Abidjan.

