Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Gbagbo, il s'en irait»
J'ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l'armée pro-Alassane, j'ai tout filmé: les liasses d'argent qu'ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l'intérieur, il n'y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier...»
SlateAfrique - Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?
Sidiki Bakaba - Un proverbe indien disait à l'époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J'ai fait un film sur les événements de 2002-2004 qui s'appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s'est produit devant l'hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd'hui, j'étais tout à l'heure sur un véhicule RPG et j'ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.
SlateAfrique - Vous défendez votre pays ou votre ami Laurent Gbagbo?
S.B. - Mon pays! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C'est un grand frère, c'est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au cœur, qui veulent l'indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l'indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d'abord visés à Paris. La plupart des jeunes d'aujourd'hui en Côte d'Ivoire n'ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c'est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n'a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l'inverse, sont là pour défendre leur Président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écœurés par le mensonge dont on leur rebat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent: «Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu.» Il faut libérer ce pays et les autres pays. J'ai toujours été un homme de spectacle et voilà que, depuis quelques jours, je suis un militaire
J'ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l'armée pro-Alassane, j'ai tout filmé: les liasses d'argent qu'ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l'intérieur, il n'y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier...»
SlateAfrique - Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?
Sidiki Bakaba - Un proverbe indien disait à l'époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J'ai fait un film sur les événements de 2002-2004 qui s'appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s'est produit devant l'hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd'hui, j'étais tout à l'heure sur un véhicule RPG et j'ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.
SlateAfrique - Vous défendez votre pays ou votre ami Laurent Gbagbo?
S.B. - Mon pays! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C'est un grand frère, c'est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au cœur, qui veulent l'indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l'indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d'abord visés à Paris. La plupart des jeunes d'aujourd'hui en Côte d'Ivoire n'ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c'est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n'a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l'inverse, sont là pour défendre leur Président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écœurés par le mensonge dont on leur rebat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent: «Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu.» Il faut libérer ce pays et les autres pays. J'ai toujours été un homme de spectacle et voilà que, depuis quelques jours, je suis un militaire

