On vide de tout sens les lois qui découlent de cette foi fondamentale en la parole donnée, socle de tout pouvoir, de tout agir ensemble humain. Ensuite, la forfaiture est un abus de pouvoir qui débouche sur de biens concrètes souffrances, car le dictateur s’imposant malgré le désaveu populaire est un violeur et un violent. Ne pouvant se maintenir par la force de la loi, qui n’est pas seulement celle du gendarme, mais aussi celle de la confiance méritée et de l’obéissance due, le dictateur recourt à la violence aveugle et confirme le caractère antipopulaire de son pouvoir. Gbagbo a donc engagé la guerre civile ivoirienne sur les trois plans symbolique, juridico-politique et militaire.
Au plan symbolique, le slogan de campagne du candidat Laurent Gbagbo s’annonçait en lui-même comme une suprême injure à la démocratie. « On gagne ou on gagne ». Cela signifie que la démocratie n’est qu’une farce, un jeu de dupes où les dés sont pipés d’avance, pour le parti au pouvoir. « On gagne ou on gagne ». Cela veut dire que de fait la légitimité politique du parti au pouvoir ne se discute pas, parce que ce parti serait consubstantiel au peuple lui-même. D’où l’autre slogan de campagne du candidat Gbagbo : « Le candidat 100% ivoirien ». Déjà , dans ce second slogan, s’exprime en fond sonore la loi du sang et la mythologie de la pureté ivoiritaire qu’elle véhicule. « 100% », c’est comme « sang pour sang ». Gbagbo croit incarner, non par l’héritage, mais par l’hérédité, l’identité profonde de son pays. Mieux encore, en s’arrogeant d’un « 100% » a priori, la candidat-Gbagbo annonçait le sort qui serait réservé au vote favorable à ses adversaires. Il le nierait purement et simplement, au nom de la supériorité idéologique du la loi du sang sur la loi des urnes. La symbolique politique de la LMP-Gbagbo revendiquait ouvertement ainsi la primauté de l’émotion sur la raison, du sang sur le sol, de l’ivoirité sur la Côte d’Ivoire plurielle.
Au plan juridico-politique, Laurent Gbagbo, dont le sbire Damana Pickass défraie la chronique face aux caméras du monde entier en déchirant les résultats de la CEI grâce à la soldatesque de Gbagbo qui l’accompagne, a tenté une grande mystification : faire croire qu’il avait gagné là où il avait perdu, en oignant sa forfaiture de la solennité d’une déclaration incongrue du Conseil Constitutionnel dirigé par le Pr. Paul Yao N’dré. En annulant les votes des sept régions du Nord, Yao N’dré a rappelé les fondements ethnicistes de la Refondation, qui se confirme comme un régime confiné dans un
Au plan symbolique, le slogan de campagne du candidat Laurent Gbagbo s’annonçait en lui-même comme une suprême injure à la démocratie. « On gagne ou on gagne ». Cela signifie que la démocratie n’est qu’une farce, un jeu de dupes où les dés sont pipés d’avance, pour le parti au pouvoir. « On gagne ou on gagne ». Cela veut dire que de fait la légitimité politique du parti au pouvoir ne se discute pas, parce que ce parti serait consubstantiel au peuple lui-même. D’où l’autre slogan de campagne du candidat Gbagbo : « Le candidat 100% ivoirien ». Déjà , dans ce second slogan, s’exprime en fond sonore la loi du sang et la mythologie de la pureté ivoiritaire qu’elle véhicule. « 100% », c’est comme « sang pour sang ». Gbagbo croit incarner, non par l’héritage, mais par l’hérédité, l’identité profonde de son pays. Mieux encore, en s’arrogeant d’un « 100% » a priori, la candidat-Gbagbo annonçait le sort qui serait réservé au vote favorable à ses adversaires. Il le nierait purement et simplement, au nom de la supériorité idéologique du la loi du sang sur la loi des urnes. La symbolique politique de la LMP-Gbagbo revendiquait ouvertement ainsi la primauté de l’émotion sur la raison, du sang sur le sol, de l’ivoirité sur la Côte d’Ivoire plurielle.
Au plan juridico-politique, Laurent Gbagbo, dont le sbire Damana Pickass défraie la chronique face aux caméras du monde entier en déchirant les résultats de la CEI grâce à la soldatesque de Gbagbo qui l’accompagne, a tenté une grande mystification : faire croire qu’il avait gagné là où il avait perdu, en oignant sa forfaiture de la solennité d’une déclaration incongrue du Conseil Constitutionnel dirigé par le Pr. Paul Yao N’dré. En annulant les votes des sept régions du Nord, Yao N’dré a rappelé les fondements ethnicistes de la Refondation, qui se confirme comme un régime confiné dans un

