Avons-nous besoin d’éventrer des femmes, d’assassiner froidement des gendarmes, de brûler vives d’innocentes populations pour revendiquer un droit ? Le droit à la vie ne prime-t-il pas sur le droit de Ouattara à être Ivoirien ou candidat à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire ? Tout ça, les Ivoiriens ont passé l’éponge là -dessus. Non pas par faiblesse, mais par tolérance. Pour sortir de la spirale de la violence et construire un bien commun : la Côte d’Ivoire. Malheureusement, cette attitude a été mal perçue par Ouattara et ses sbires. Pour eux, la candidature de Ouattara est le couronnement d’une lutte armée. La hauteur d’esprit de Laurent Gbagbo qui a autorisé Ouattara à compétir est minimisée. Depuis l’éclatement de la crise post-électorale, la folie meurtrière s’est à nouveau emparée de Ouattara et ses partisans. Des femmes, des enfants et vieillards ont été surpris dans leur sommeil par ses nervis à Anonkoi Kouté, dans la commune d’Abobo, avant d’être brûlés vifs ou exécutés. Pourquoi ? Pour un simple fauteuil présidentiel. Ces tueries qui s’apparentent à une épuration ethnique n’ont d’autres buts que de dresser les populations les unes contre les autres. Histoire de justifier l’entrée officielle en guerre de l’Onu et de la France en Côte d’Ivoire. C’est vrai, la soldatesque sarkozienne fera d’une bouchée la minuscule armée ivoirienne. Et après ? Que fera-t-elle des milliers d’Ivoiriens qui continuent de jurer leur fidélité à Laurent Gbagbo ? Va-t-on les exterminer pour porter Ouattara au pouvoir ? Que va-t-il se passer après ? Croire que Ouattara va s’installer paisiblement dans le fauteuil de Gbagbo sous la protection française, c’est être affligé d’une naïveté incurable. Bien au contraire, ce pays va prendre inexorablement la voie sinueuse de l’iamplosion sociale. Le pouvoir deviendra amer pour tous. En ce moment, l’on parlera de discussions. Après des décomptes macabres. Si c’est le rêve caressé, en secret, par les pourfendeurs de Gbagbo, qu’on y aille. Quatre mois après la présidentielle, Laurent Gbagbo a toujours les leviers du pouvoir, en dépit des nombreuses tentatives d’étranglement économique de son pouvoir. L’armée lui reste toujours fidèle et loyale. C’est une donnée importante. Cela devrait amener les anti-Gbagbo à réviser leur position et à dire à Ouattara que la solution à des problèmes politiques ne se trouve pas aux extrêmes. La seule issue à laquelle il s’accroche, la force, est une voie sans issue. Demain, il sera un peu tard.

