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ndolo l`amour ndolo l`amour a écrit le 12 janvier 2005 à 14h47
Vent de changement au MINEFI


Rousseau-Joël FOUTE
[12/01/2005]





Le ministre Polycarpe Abah Abah procède depuis quelques jours au nettoyage des circuits de la dépense publique.

Les caissières du Trésor de la ville de Yaoundé viennent d’être remplacées et déployées ailleurs. Des sources proches du ministère de l’Economie et des Finances (MINEFI) annoncent d’autres changements majeurs dans les prochains jours. Les fonctionnaires et agents de l’Etat qui touchent leurs salaires à Yaoundé par bons de caisse, ne devraient plus être obligés de faire un geste à ces belles créatures pour pouvoir percevoir ce qui leur revient de droit à la fin de chaque mois. Car ils sont nombreux, les agents publics qui ont dû au moins une fois laisser à la caisse quelques billets de banque avant d’entrer rapidement en possession de leurs revenus. Le montant à laisser n’était pas fixé. Mais, quand il y avait peu d’argent, par rapport au nombre de personnes à servir, il fallait " bien parler ", c’est-à-dire, " motiver " la caissière, en lui donnant quelque chose par derrière, notamment, en contournant la longue file d’attente. Qu’importe les éclats de voix de ceux qui attendent ! La situation a pris de l’ampleur l’année dernière quand la tension de trésorerie de l’Etat obligeait à différer les paiements. Plusieurs fois, on a vu des fonctionnaires et agents de l’Etat, bon de caisse en main, aller de caisse en caisse, à la recherche d’espèces sonnantes et trébuchantes. " L’argent est fini ", entendait-on ici et là. C’était même devenu le mot de passe des caissières, qui ne savaient presque pas quand l’argent serait envoyé par le Trésorier payeur général. Il ne restait plus aux personnes pressées qu’une seule chose : faire le bon geste, pour garantir sa place, une fois que les caisses seront réapprovisionnées.

Les caissières du Trésor de la capitale ne sont pas les seules à faire les frais du changement.

Au MINEFI, on parle déjà d’un " Tsunami ", allusion faite au raz -de -marrée qui a frappé le Sud de l’Asie le 26 décembre dernier. A vrai dire, le MINEFI est depuis quelques jours sous les projecteurs de l’actualité, car il donne comme une impulsion au changement annoncé par le chef de l’Etat. Après avoir décidé d’instaurer la ponctualité, en fermant les portes d’entrée du ministère tous les jours ouvrables à 8h, après avoir aussi décidé de contraindre plus d’un millier d’agents à prendre leur retraite, alors qu’ils écumaient les bureaux, bien qu’atteints par la limite d’âge, Polycarpe Abah Abah a également fait des victimes à la pairie générale. Ici, apprend-on, 100 employés, qui animaient toutes sortes de trafics, ont été mis à l’écart et remplacés par des jeunes sortis fraîchement de l’école, bien sûr, sous l’encadrement des aînés. Ces jeunes ont reçu l’instruction de traiter rapidement les dossiers. Après 48 heures, le sort d’un dossier doit être connu. S’il est rejeté, cette décision doit faire l’objet d’un affichage.

A la direction de la Solde, le " Tsunami " a touché 20 agents, à la direction du Budget, près de 40 autres ont été redéployés à l’extérieur. Ces derniers, dit-on, allaient jusqu’à monnayer des lignes de crédit ou n’hésitaient pas à les détourner. A la lumière de ce qui se passe au MINEFI, on peut dire que les corrompus sont dans le collimateur du chef du département qui, en contrepartie des performances exigées, met un point d’honneur sur l’amélioration des conditions de travail et a rétabli les primes jadis suspendues.

La concertation qui a lieu ce jour à Yaoundé avec les gestionnaires de crédits permettra au patron de l’Economie et des Finances d’indiquer à nouveau les principes qui doivent désormais guider la dépense publique. Car aujourd’hui plus qu’hier, l’Etat, tel un bon père de famille, ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens.

Demain, la réunion cette fois avec les prestataires de services, donnera l’occasion de dénoncer les livraisons fictives et les surfacturations, qui font perdre des sommes faramineuses à l’Etat.
Merci de patienter...
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