Spéculer sur ce scénario ne fait que le rendre plus probable, en dépit du contexte international particulièrement sulfureux. Le peuple y a déjà été préparé par des sortes de messages subliminaux. Il y a cette expression populaire que la plupart des Camerounais de sa génération ont affectionné « Franc Biya ». Pour dire qu’on était plein aux as, on disait : « j’ai mille, dix mille, cent mille Francs Biya ». Cela donne une idée de la notoriété d’un homme et de son ancrage dans l’inconscient collectif de ses concitoyens et l’imagerie commune. Les conditions de sa victoire sont tout à fait simples et ses rivaux doivent en prendre de la graine, tant que les faits n’auront pas disqualifié notre intuition. Un humoriste, Kardinal Aristide 1er, résumait la situation avec un calembour gai : « Au Togo, disait-il, Eyadema a succédé à Eyadéma ; au Congo Kabila a succédé à Kabila ; au Gabon, Bongo à Bongo ; au Cameroun, de vous à moi, soyons Franck, qui succèdera à Biya ? »

