QUESTION :
Est-ce qu’International Crisis Group a fait un travail spécifique sur le rôle des médias en Côte d’Ivoire, sur les appels à la haine, parce que certains évoquent le précédent rwandais Radio Mille Collines, et tout le monde sait comment la RTI a été une arme puissante de propagande?
REPONSE
On n’a pas fait un travail spécifique, on a commencé un travail avant cette crise sur le système médiatique en Côte d’Ivoire. La comparaison avec Radio Mille Collines [accusée d’avoir propagée la haine anti Tutsis lors du génocide rwandais, ndlr] est à la fois bonne et mauvaise. Elle est bonne parce qu’effectivement, il y a un souci permanent de propagande et un discours de haine, à la RTI en particulier. Elle est mauvaise parce qu’il n’atteint pas encore le niveau qu’il avait atteint au Rwanda et il est beaucoup moins direct. Le prototype de ce que diffuse la RTI actuellement, c’est un reportage diffusé il y a deux jours sur un sit-in organisé par des femmes patriotes devant un camp de l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), dans le quartier de Riviera à côté de Cocody [à Abidjan, ndlr].
On voit des femmes courir, mais à aucun moment dans le reportage on ne voit des membres de l’Onuci frapper ces femmes ou leur lancer des gaz lacrymogènes. Mais le commentaire dit que ces femmes ont été frappées par les membres de l’Onuci et l’organisatrice de la manifestation finit le reportage en disant: «Les soldats jordaniens de l’Onuci ont été gentils avec nous et ce sont les noirs qui nous ont frappés, des Nigériens, des Burkinabè, des Sénégalais, etc.» Donc, insidieusement, c’est un appel à la vengeance contre les représentants de ces trois communautés. Radio Mille Colline aurait dit «tuez les Nigériens, tuez les Burkinabè, tuez les Sénégalais», mais la RTI dit, et c’est beaucoup plus pervers, «c’est eux qui nous ont frappés, faites-en ce que vous voulez!»
Est-ce qu’International Crisis Group a fait un travail spécifique sur le rôle des médias en Côte d’Ivoire, sur les appels à la haine, parce que certains évoquent le précédent rwandais Radio Mille Collines, et tout le monde sait comment la RTI a été une arme puissante de propagande?
REPONSE
On n’a pas fait un travail spécifique, on a commencé un travail avant cette crise sur le système médiatique en Côte d’Ivoire. La comparaison avec Radio Mille Collines [accusée d’avoir propagée la haine anti Tutsis lors du génocide rwandais, ndlr] est à la fois bonne et mauvaise. Elle est bonne parce qu’effectivement, il y a un souci permanent de propagande et un discours de haine, à la RTI en particulier. Elle est mauvaise parce qu’il n’atteint pas encore le niveau qu’il avait atteint au Rwanda et il est beaucoup moins direct. Le prototype de ce que diffuse la RTI actuellement, c’est un reportage diffusé il y a deux jours sur un sit-in organisé par des femmes patriotes devant un camp de l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), dans le quartier de Riviera à côté de Cocody [à Abidjan, ndlr].
On voit des femmes courir, mais à aucun moment dans le reportage on ne voit des membres de l’Onuci frapper ces femmes ou leur lancer des gaz lacrymogènes. Mais le commentaire dit que ces femmes ont été frappées par les membres de l’Onuci et l’organisatrice de la manifestation finit le reportage en disant: «Les soldats jordaniens de l’Onuci ont été gentils avec nous et ce sont les noirs qui nous ont frappés, des Nigériens, des Burkinabè, des Sénégalais, etc.» Donc, insidieusement, c’est un appel à la vengeance contre les représentants de ces trois communautés. Radio Mille Colline aurait dit «tuez les Nigériens, tuez les Burkinabè, tuez les Sénégalais», mais la RTI dit, et c’est beaucoup plus pervers, «c’est eux qui nous ont frappés, faites-en ce que vous voulez!»

