C’est le panel qui doit venir en Côte d’Ivoire, s’informer et faire ses propositions. Après la mission de ses experts à Abidjan, du 6 au 10 février dernier, le contact du panel lui-même avec le terrain de la crise ivoirienne, devrait lui donner davantage d’éléments pour formuler des propositions éclairées. Laurent Gbagbo n’a pas besoin de prendre place à une réunion à Addis-Abeba pour que le panel lui signifie ces propositions. Aujourd’hui, le panel évoque la montée de l’insécurité à Abidjan, pour délocaliser le centre de ses négociations avec les parties ivoiriennes. Mais Laurent Gbagbo est plus en insécurité à Addis-Abeba que ne le seraient eux-mêmes à Abidjan. C’est pour des raisons de sécurité que le président burkinabé Blaise Compaoré, qui demeure membre du panel et participe d’ailleurs aux autres travaux et réunions de cette instance hors de la Côte d’Ivoire, n’était pas récemment en compagnie de ses homologues à Abidjan. Le président du Conseil économique et social (Ces) Augustin Laurent Dona Fologo, qui connait parfaitement ce dossier, va représenter le président Gbagbo. Si la multinationale de la déstabilisation, qui a l’air de manipuler le panel, se trouve dans la disposition de faire des propositions objectives de sortie de crise, elle admettrait de sang froid la présence de Fologo à la fameuse réunion de l’Ua. Mais si elle demeure dans sa logique du plan B, et que les Ivoiriens et leur Armée ne renforcent pas la résistance, et s’enfoncent dans les hésitations démotivantes, alors elle réalisera son plan B, en embrasant tous les fronts avec son matériel lourd créant désolation, ruine et terreur.

