3) SF : Mais alors, pourquoi d’après vous, Laurent Gbagbo a-t-il tout de même accepté d’aller à ces élections ?
HY : En tout cas, il se sera battu pour faire respecter la Constitution ivoirienne qui dit que les élections ne peuvent s’organiser quand le pays est divisé. Mais la pression était trop forte, et pour le contraindre à aller à la guillotine électorale, on a mis à contribution les médias pour le faire apparaître comme un pleutre, celui qui se défile tout le temps pour organiser les élections parce qu’il sait qu’en le faisant, il ne peut qu’en sortir perdant. Il a fini par s’y plier, se disant sans doute qu’il avait certaines cartes maîtresses en main : un peuple avec lui, l’engagement de la communauté internationale à faire respecter la Constitution ivoirienne, celui de son adversaire de respecter les décisions de la Commission électorale indépendante comme celles du Conseil constitutionnel.
4) SF : Ne peut-on pas quelque part, dire qu’il se prévaut maintenant de sa propre turpitude ?
HY : L’argument pour moi est puéril et juridiquement faible.
D’abord, à la limite, ce n’est pas parce que quelqu’un accepte d’être victime d’une infraction pénale que cela efface automatiquement la commission de l’acte délictueux et éteint toute action pénale. Si l’on peut transiger sur tout ce qui intéresse le civil, on ne peut –sauf rares exceptions- le faire pour le pénal. Ensuite, Laurent Gbagbo n’a jamais accepté le bafouement de la primauté du Conseil constitutionnel ni le transfert de la légitimation populaire du peuple souverain de Côte d’Ivoire à une communauté internationale, juridiquement incapable.
HY : En tout cas, il se sera battu pour faire respecter la Constitution ivoirienne qui dit que les élections ne peuvent s’organiser quand le pays est divisé. Mais la pression était trop forte, et pour le contraindre à aller à la guillotine électorale, on a mis à contribution les médias pour le faire apparaître comme un pleutre, celui qui se défile tout le temps pour organiser les élections parce qu’il sait qu’en le faisant, il ne peut qu’en sortir perdant. Il a fini par s’y plier, se disant sans doute qu’il avait certaines cartes maîtresses en main : un peuple avec lui, l’engagement de la communauté internationale à faire respecter la Constitution ivoirienne, celui de son adversaire de respecter les décisions de la Commission électorale indépendante comme celles du Conseil constitutionnel.
4) SF : Ne peut-on pas quelque part, dire qu’il se prévaut maintenant de sa propre turpitude ?
HY : L’argument pour moi est puéril et juridiquement faible.
D’abord, à la limite, ce n’est pas parce que quelqu’un accepte d’être victime d’une infraction pénale que cela efface automatiquement la commission de l’acte délictueux et éteint toute action pénale. Si l’on peut transiger sur tout ce qui intéresse le civil, on ne peut –sauf rares exceptions- le faire pour le pénal. Ensuite, Laurent Gbagbo n’a jamais accepté le bafouement de la primauté du Conseil constitutionnel ni le transfert de la légitimation populaire du peuple souverain de Côte d’Ivoire à une communauté internationale, juridiquement incapable.

