Tu as perdu le pouvoir, face à Alassane Ouattara, mais tu as décidé que ton pouvoir, tu ne le cèderas à personne. « Je ne suis pas de ceux qui chantent la paix, alors que leurs peuples sont l’objet d’agressions quotidiennes », avais-tu écrit à la page 83 de ton livre.
Ah Laurent ! Nous sommes tous fatigués. Mais tu es tenace. Tu ne cèdes jamais. Et tu ne cèderas pas. Qui sait si tu ne finiras pas par avoir raison de moi et de tout le monde ? Tu t’es déjà sorti de tant de situations que l’on croyait perdues d’avance ! Quel artiste tu es, Laurent ! Quelle que soit l’issue, Laurent, je te tirerai quand même mon chapeau.
Nous voici donc face à face, les yeux rougis par la fatigue. Je sais, toi, tu as fait comme Zakouato, l’oiseau mythique de chez toi qui a la charge de veiller sur le village. Tu t’es arraché les paupières pour ne pas te laisser surprendre par le sommeil. Je ne suis pas pourchassé par le monde entier comme toi. Je viens juste t’entretenir, pour t’aider à passer tes longues nuits. Mettons de la musique pour tenir. Aimes-tu Tiken Jah ? Non. Dans une de ses chansons, il te demande de quitter le pouvoir. Effectivement, toi, tu as dit que le pouvoir, tu y es et tu y restes. Tu ne peux donc pas aimer un tel chanteur. C’est dommage, moi je l’aime bien. En plus, il est mon copain. Tu préfères les chants guerriers de chez toi ? Allons-y donc pour la musique bété. De quoi parlerons-nous ce soir, Laurent ? Laisse-moi d’abord te donner des nouvelles de ton pays. Ce mardi, il y a eu des affrontements dans le quartier d’Abobo à Abidjan, qui est le fief de ton ennemi Alassane Ouattara, celui que le monde entier reconnaît comme le vainqueur de l’élection. Il y a eu quatre morts. A Daoukro, chez ton autre ennemi, Henri Konan Bédié, l’ancien président qui a été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle que tu prétends avoir gagné, il y a eu aussi des affrontements. On a parlé de deux blessés. J’étais à Daoukro la semaine dernière. Tu sais que Daoukro, c’est aussi chez ma mère. Elle se faisait beaucoup de soucis pour moi, à cause de toi, et je suis allé la rassurer. Je ne sais pas dans quel état elle sera lorsqu’elle apprendra que des gens de ton CECOS me cherchent partout dans la ville. Là -bas, ils ont voté à plus de 80% pour Bédié au premier tour, et pareil pour Ouattara au second tour. Je peux t’assurer qu’à Daoukro, ils ne t’aiment pas du tout. Quand tu chercheras un endroit où aller te cacher, il te faudra éviter Daoukro. C’est un conseil d’ami. On ne trouvait plus de journaux, ni de bière de
Ah Laurent ! Nous sommes tous fatigués. Mais tu es tenace. Tu ne cèdes jamais. Et tu ne cèderas pas. Qui sait si tu ne finiras pas par avoir raison de moi et de tout le monde ? Tu t’es déjà sorti de tant de situations que l’on croyait perdues d’avance ! Quel artiste tu es, Laurent ! Quelle que soit l’issue, Laurent, je te tirerai quand même mon chapeau.
Nous voici donc face à face, les yeux rougis par la fatigue. Je sais, toi, tu as fait comme Zakouato, l’oiseau mythique de chez toi qui a la charge de veiller sur le village. Tu t’es arraché les paupières pour ne pas te laisser surprendre par le sommeil. Je ne suis pas pourchassé par le monde entier comme toi. Je viens juste t’entretenir, pour t’aider à passer tes longues nuits. Mettons de la musique pour tenir. Aimes-tu Tiken Jah ? Non. Dans une de ses chansons, il te demande de quitter le pouvoir. Effectivement, toi, tu as dit que le pouvoir, tu y es et tu y restes. Tu ne peux donc pas aimer un tel chanteur. C’est dommage, moi je l’aime bien. En plus, il est mon copain. Tu préfères les chants guerriers de chez toi ? Allons-y donc pour la musique bété. De quoi parlerons-nous ce soir, Laurent ? Laisse-moi d’abord te donner des nouvelles de ton pays. Ce mardi, il y a eu des affrontements dans le quartier d’Abobo à Abidjan, qui est le fief de ton ennemi Alassane Ouattara, celui que le monde entier reconnaît comme le vainqueur de l’élection. Il y a eu quatre morts. A Daoukro, chez ton autre ennemi, Henri Konan Bédié, l’ancien président qui a été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle que tu prétends avoir gagné, il y a eu aussi des affrontements. On a parlé de deux blessés. J’étais à Daoukro la semaine dernière. Tu sais que Daoukro, c’est aussi chez ma mère. Elle se faisait beaucoup de soucis pour moi, à cause de toi, et je suis allé la rassurer. Je ne sais pas dans quel état elle sera lorsqu’elle apprendra que des gens de ton CECOS me cherchent partout dans la ville. Là -bas, ils ont voté à plus de 80% pour Bédié au premier tour, et pareil pour Ouattara au second tour. Je peux t’assurer qu’à Daoukro, ils ne t’aiment pas du tout. Quand tu chercheras un endroit où aller te cacher, il te faudra éviter Daoukro. C’est un conseil d’ami. On ne trouvait plus de journaux, ni de bière de

