Guest : Quelle pourrait être la stratégie de l'ONU maintenant que le pouvoir en place ne la considère plus impartiale?
Bertrand Badie : C'est un peu dans l'esprit de cette question que je disais précédemment mes craintes de voir l'ONU s'installer dans une impasse ivoirienne. On est en fait confronté, à travers cette expérience, au danger de vouloir mêler, voire confondre, le rôle du juge et celui du médiateur.
Etre médiateur suppose d'occuper une position intermédiaire et équidistante entre deux protagonistes ; être juge consiste à donner raison à l'un contre l'autre. Il s'agit bien donc de deux rôles distincts. Les Nations unies ont, dans l'affaire ivoirienne, jugé. Nous n'avons pas les moyens d'établir ici si elles ont accompli cette tâche de manière correcte. Mais s'y étant installées, elles s'interdisent désormais de jouer le rôle de médiateur. D'où l'apparition de toute une série d'acteurs nouveaux qui s'efforcent de tenir ce rôle ainsi laissé vacant : des chefs d'Etat de la Cedeao, le premier ministre kenyan, ou, tout au début, l'ancien président sud-africain.
On remarquera que dans toute cette activité diplomatique, l'ONU est absente, et que le représentant spécial, M. Choi, est condamné à la totale passivité. C'est une posture délégitimante pour l'institution onusienne, et peut-être un malheureux précédent pour demain.
Bertrand Badie : C'est un peu dans l'esprit de cette question que je disais précédemment mes craintes de voir l'ONU s'installer dans une impasse ivoirienne. On est en fait confronté, à travers cette expérience, au danger de vouloir mêler, voire confondre, le rôle du juge et celui du médiateur.
Etre médiateur suppose d'occuper une position intermédiaire et équidistante entre deux protagonistes ; être juge consiste à donner raison à l'un contre l'autre. Il s'agit bien donc de deux rôles distincts. Les Nations unies ont, dans l'affaire ivoirienne, jugé. Nous n'avons pas les moyens d'établir ici si elles ont accompli cette tâche de manière correcte. Mais s'y étant installées, elles s'interdisent désormais de jouer le rôle de médiateur. D'où l'apparition de toute une série d'acteurs nouveaux qui s'efforcent de tenir ce rôle ainsi laissé vacant : des chefs d'Etat de la Cedeao, le premier ministre kenyan, ou, tout au début, l'ancien président sud-africain.
On remarquera que dans toute cette activité diplomatique, l'ONU est absente, et que le représentant spécial, M. Choi, est condamné à la totale passivité. C'est une posture délégitimante pour l'institution onusienne, et peut-être un malheureux précédent pour demain.

