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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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MOLAH MOLAH de LIBREVILLE a écrit le 20 janvier 2011 à 16h40
Zabi : S'agissant de la Côte d'Ivoire, n'assistons-nous pas à un passage en force de l'ONU qui ne prend même pas le temps de statuer sur les recours posés par le camp Gbagbo pour fraudes graves ? La certification de l'ONU ne devient-elle pas alors un permis de frauder ?

Bertrand Badie : Sans aller jusqu'à une telle conclusion, il faut bien admettre que les Nations unies se sont placées dans une impasse qui, en l'occurrence, a de multiples facettes. D'abord, l'ONU s'est piégée par excès de confiance : une authentification de résultats électoraux obtenue dans un contexte si tendu aurait dû mobiliser davantage de moyens, plus de temps, et plus de garanties qui auraient ainsi désarmé par avance d'éventuelles contestations. En allant trop vite dans cette oeuvre périlleuse de substitution à un souverain national, elle s'oblige maintenant à ne pas se dédire et se place objectivement dans une situation conflictuelle. Les Nations unies perdent une bonne partie de leur légitimité comme tout médiateur dès lors qu'elles ne sont pas reconnues comme acteur impartial par les deux partenaires.
La deuxième erreur tient à la nature bien particulière des relais internationaux des Nations unies. L'intervention précoce de certains Etats, et notamment de l'ancienne puissance coloniale, en faveur d'un des candidats, même s'il était réellement vainqueur, ne manquait pas de créer des crispations nationalistes qui peuvent dangereusement consolider le camp des vaincus.
Mais il y a plus : la principale erreur des Nations unies est d'avoir pensé un processus électoral dans un contexte de démilitarisation et de démobilisation inachevées : l'Onuci n'a pas su faire ce qu'avait réussi la Minul au Liberia ou la Minusil en Sierra Leone. Le principal rôle de l'acteur onusien est de créer les conditions d'une vraie compétition électorale. En Côte d'Ivoire, l'élection n'apparaissait que comme le prolongement de la guerre intestine amorcée en 2002 en mobilisant d'autres moyens.
On ne s'étonnera pas que les résultats électoraux soient eux aussi le prolongement de la guerre civile par d'autres moyens.
Merci de patienter...
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