Au niveau de la bataille pour le contrôle des ressources financières de l`Etat, Laurent Gbagbo peut également souffler. L`étranglement financier qui lui était reservé à partir de la Banque Centrale des Etats de l`Afrique de l`ouest, connait des difficultés. En tout cas, la main mise d`Alassane Ouattara, reconnu comme président par la communauté internationale, sur les comptes ivoiriens de la Bceao, n`est encore que théorique. Certes le conseil des ministres de l`Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa) a reconnu le 23 décembre dernier à Bissau, que la signature doit être accordée au ministre des finances d`Alassane Ouattara, mais Charles Diby Koffi n`a pas encore la possibilité d`opérer sur les comptes de la Bceao. Une situation gênante qui n`a pas manqué de faire réagir le camp Ouattara, qui a même mis en garde le gouverneur de la Bceao, Philippe Dacoury-Tabley, qu`il soupçonne de faire blocage à la décision du conseil des ministres de l`Uemoa. Lors d`une visioconférence avec des journalistes en poste à Washington, Alassane Ouattara a critiqué l`inaction de la banque ouest-africaine. « La décision prise par la banque centrale de la sous-région devrait être mise en œuvre intégralement. Ce qui n`est pas le cas à l`heure où je vous parle. Nous avons écrit au gouverneur (de la BCEAO) et nous lui avons dit que s`ils continuent, nous demanderons à l`Union européenne, aux Etats-Unis et aux Nations unies de les inscrire sur la liste des personnes à sanctionner ». Dans un communiqué sanctionnant le conseil des ministres du gouvernement Ouattara du vendredi 14 janvier dernier, cette question des finances, qui échappe encore au président reconnu par la communauté internationale, a été évoquée. Avec un doigt accusateur pointé sur le gouverneur de la banque centrale et celui de la Bceao Côte d`Ivoire, Denis N`Gbê, qui ne joueraient pas franc jeu. Le gouvernement Gbagbo, lui, continue de remplir ses engagements financiers vis-à -vis de la banque centrale, en attendant la réunion des chefs d`Etat de la Cedeao prévue les 22 et 23 janvier prochain pour se prononcer sur la question. En attendant, le duel né des élections du 28 novembre 2010, semble tourner en faveur de Laurent Gbagbo.

