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MISSIPO MISSIPO a écrit le 15 janvier 2011 à 19h26
Activisme de Sarkozy et des journalistes français dans la crise ivoirienne
Publié le samedi 15 janvier 2011 | Le Temps




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«L’émotion est nègre, comme la raison est hellène » avait lancé l’éminent Léopold Sedar Senghor au plus fort de la lutte intellectuelle de réhabilitation des valeurs nègres pour justifier, selon ses propres termes, le rapport pour le moins synthétique et sympathique du Noir africain au monde.

Tout naturellement, dans le milieu intellectuel noir qui se nourrit volontiers du choc des idées, on avait perçu cette boutade comme une dévalorisation du Nègre et une preuve supplémentaire de la complaisance de cet autre chantre de la négritude à l’égard de l’ancien colon. Puisqu’a priori, par cette boutade, Senghor semble, même s’il s’en est défendu un peu plus tard, avoir assimilé le Noir à un être dont la compréhension du monde et son rapport à celui-ci est purement affectif. Un être incapable de structurer sa pensée et son regard sur le monde de façon lucide. Cette approche a d’ailleurs fait son chemin et a fini par convaincre l’Africain lui-même de son incapacité à raisonner.

Au point que tout souverain africain se sent obligé de s’entourer de marabouts blancs réputés infaillibles. Cependant, avec l’attitude de Sarkozy et de la presse française on peut se permettre de dire que Senghor est allé trop vite en besogne. Contrairement à la haute idée qu’il avait des hellénistes, on découvre plutôt, en tout cas pour ce qui concerne le Président français et ses plumitifs besogneux (l’expression est de Bédié), des êtres qui ont les nerfs à fleur de peau chaque fois qu’ils s’invitent dans la crise ivoirienne. Ces cartésianismes refusent d’ouvrir leur esprit lorsqu’il s’agit de la Côte d’Ivoire ; obnubilés qu’ils sont par le désir de voir Ouattara au pouvoir. C’est à en perdre son latin. Sarkozy ruant dans les brancards pour aider son filleul aux abois dans un processus électoral le donnant perdant. Et restant sourd à l’appel de la raison qui veut que dans de telles situations on se réfère aux textes de loi en vigueur dans le pays. Le plus surprenant c’est qu’il ne veut même pas en entendre parler. Reprenant en écho les propositions farfelues de chefs rebelles de faire partir le Président Gbagbo par la force. Au contact de la crise ivoirienne, les autorités françaises et les journalistes à leur solde, ont perdu la raison. Multipliant les incohérences et les incongruités dans des déclarations émotives et hors de propos pour
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