Après avoir travaillé autant d’années au sein de la mission économique de l’ambassade de France, on imagine que vous avez un regard qui est différent de celui du commun des camerounais. Comment est-ce que vous analysez l’évolution des rapports entre la France et le Cameroun économiquement parlant ?
Il y a une vingtaine d’années, les économies des 14 pays de la zone franc étaient relativement dépendantes de la France pour ce qui est des échanges commerciaux. Ces pays là importaient au moins à 30% de leurs marchandises de France. En termes d’investissement c’était la même dépendance. Aujourd’hui, ça s’est dégradé en défaveur de la France de manière significative car elle a perdu du terrain au profit de nouvelles puissances.
Selon vous c’est quoi les raisons ?
Il y’a d’abord la cherté de ce qui vient de France. Comparativement évidemment à ce qu’on trouve en Asie ou au Brésil. Les gens ne se limitent plus dans des voyages France-Cameroun, ils vont au-delà . Ensuite il y a la question des tracasseries en termes de visas. Ça c’était très marquant. Un homme d’affaires qui va faire la queue au consulat de France pour prendre un visa qu’il n’est même pas sûr d’avoir, y va avec toute l’appréhension du monde. Même la politique de visas de circulation n’a pas encore pu changer la donne, puisque l’attribution demeure discrétionnaire et de toute façon très limitée en nombre. En plus, les conditions d’accueil sont loin d’être systématiquement cordiales. Ce qui contraste nettement avec la politique d’ouverture des nouvelles puissances. Nos interlocuteurs dans les communautés d’affaires ne manquaient pas l’occasion d’attirer notre attention.
Et vous n’avez pas pris conscience du problème pour chercher à le résoudre au consulat notamment ?
Malheureusement ça ne se joue pas à ce niveau là . Les marges de manœuvre locales sont relativement circonscrites. Ça se joue au niveau de la politique étrangère de la France. C’est-à -dire que depuis quelques années, il y a des problématiques de maîtrise des flux migratoires qui s’imposent aux politiques en France et en Europe, et ils prennent des mesures parfois un peu trop générales tout en adaptant parfois en fonction des régions, mais il est clair que les flux migratoires qui « dérangent » le plus sont ceux qui viennent des pays en développement, notamment des pays africains.
On a parlé tout à l’heure d’Ubifrance, vous voulez bien nous présenter cette institution ?
Ubifrance c’est une agence publique qui a un statut spécial sous tutelle de Bercy, donc du ministère de l’é
Il y a une vingtaine d’années, les économies des 14 pays de la zone franc étaient relativement dépendantes de la France pour ce qui est des échanges commerciaux. Ces pays là importaient au moins à 30% de leurs marchandises de France. En termes d’investissement c’était la même dépendance. Aujourd’hui, ça s’est dégradé en défaveur de la France de manière significative car elle a perdu du terrain au profit de nouvelles puissances.
Selon vous c’est quoi les raisons ?
Il y’a d’abord la cherté de ce qui vient de France. Comparativement évidemment à ce qu’on trouve en Asie ou au Brésil. Les gens ne se limitent plus dans des voyages France-Cameroun, ils vont au-delà . Ensuite il y a la question des tracasseries en termes de visas. Ça c’était très marquant. Un homme d’affaires qui va faire la queue au consulat de France pour prendre un visa qu’il n’est même pas sûr d’avoir, y va avec toute l’appréhension du monde. Même la politique de visas de circulation n’a pas encore pu changer la donne, puisque l’attribution demeure discrétionnaire et de toute façon très limitée en nombre. En plus, les conditions d’accueil sont loin d’être systématiquement cordiales. Ce qui contraste nettement avec la politique d’ouverture des nouvelles puissances. Nos interlocuteurs dans les communautés d’affaires ne manquaient pas l’occasion d’attirer notre attention.
Et vous n’avez pas pris conscience du problème pour chercher à le résoudre au consulat notamment ?
Malheureusement ça ne se joue pas à ce niveau là . Les marges de manœuvre locales sont relativement circonscrites. Ça se joue au niveau de la politique étrangère de la France. C’est-à -dire que depuis quelques années, il y a des problématiques de maîtrise des flux migratoires qui s’imposent aux politiques en France et en Europe, et ils prennent des mesures parfois un peu trop générales tout en adaptant parfois en fonction des régions, mais il est clair que les flux migratoires qui « dérangent » le plus sont ceux qui viennent des pays en développement, notamment des pays africains.
On a parlé tout à l’heure d’Ubifrance, vous voulez bien nous présenter cette institution ?
Ubifrance c’est une agence publique qui a un statut spécial sous tutelle de Bercy, donc du ministère de l’é

