Nous sommes, pour eux, 50 ans après la Colonisation, restés de grands enfants dont on peut endormir la vigilance par de petites gâteries, des pacotilles de toujours. Qu’un Sarkozy ait cette opinion, rien d’étonnant au fond puisque l’homme du reste ne s’est pas gêné pour dire que les Africains n’étaient pas suffisamment rentrés dans l’Histoire mais que cela soit le sentiment d’un Barack Obama, c’est à vous mettre une balle dans la tête ! Il y a là comme la manifestation d’une erreur sur la personne. On a du mal à se convaincre que c’est cet homme en qui on avait tant de foi, pour lequel on aurait consenti bien de sacrifices parce qu’il apparaissait comme le messager de Dieu pour réhabiliter à jamais le Noir, qui ravale ses frères au niveau où l’ont toujours placé les Colons et autres esclavagistes. Quand il fait savoir, d’un air condescendant, à Laurent Gbagbo, qu’ il l’invite à Washington sous sa protection pour discuter avec lui des garanties qu’il entend lui accorder pour son départ, qu’est-ce qu’il croit ? Que parce qu’il est Barack Obama, président des USA, il peut ainsi s’asseoir sur la dignité d’un Africain ? Quand il promet avec ses autres Pairs occidentaux, que Laurent Gbagbo sera dispensé de la Cour pénale internationale et bénéficiera de compensations financières substantielles s’il accepte de quitter le pouvoir, qu’est-ce qu’il s’imagine ? Que l’Africain n’est que l’Etalon dans lequel l’esclavagiste voyait le Mal absolu contre la pureté de sa race, l’être vil qui, pour une corruption bien soutenue, trahirait Père et Mère ? C’est dingue quand on voit que cela vient de quelqu’un dans les veines duquel coule le sang noir ! J’en suis malade et je cherche en vain comment faire éclater ma rage pace que je sais qu’elle sera partagée ; partagée par les femmes et les hommes de bien de par le monde mais aussi par les Africains qui n’ont pas renié la Mère-patrie.

