.
euronews :
L’Union européenne conteste votre légitimité.
Laurent Gbagbo :
L’Union européenne, elle suit la France. Dans les relations entre les grandes puissances aujourd’hui, chacun a sa zone d’influence. Et quand il s’agit des pays francophones d’Afrique noire, quand la France parle, tous les autres suivent. Elle s’ingère (la France, ndlr) de la plus mauvaise manière. Toutes les résolutions qui ont lieu sur la Côte d’Ivoire à l’ONU, c’est la France qui écrit le “draftâ€. C’est la France qui écrit le “draftâ€. Nous l’avons contesté plusieurs fois, mais nous sommes un petit pays. Nous ne sommes pas une puissance nucléaire, nous n’avons pas le droit de véto, nous ne sommes même pas au Conseil de sécurité.
euronews :
Votre adversaire Alassane Ouattara forme un gouvernement, nomme des ambassadeurs qui sont reconnus. L’ambassadeur nommé par Alassane Ouattara en France a été reconnu.
Laurent Gbagbo :
Mais la France a tort. Je dis que la France a tort.
euronews :
Vous avez passé 30 ans dans l’opposition, Laurent Gbagbo. Vous avez un long parcours politique. Nicolas Sarkozy vous pose des ultimatums. Que répondez-vous au chef de l’Etat Français ?
Laurent Gbagbo :
C’est inacceptable qu’un chef d’Etat, sous le prétexte que son pays est plus puissant qu’un autre pays, qu’il pose des ultimatums au chef de l’Etat de l’autre pays. Ce n’est pas possible.
euronews :
Vos opposants disent que vous n‘êtes pas un démocrate, que vous êtes un dictateur, que vous avez effectué un hold up électoral…
Laurent Gbagbo :
Quand ?
euronews :
… Que vous avez effectué un déni de démocratie au cours de ces dernières semaines, que leur répondez-vous ?
Laurent Gbagbo :
Ils ne sont pas bien placés pour en parler parce que eux tous qui sont à l’hôtel du Golfe (là où se trouvent retranchés Alassane Ouattara et son gouvernement, ndlr), ils étaient du côté du parti unique quand nous luttions pour le multipartisme. Ouattara, Bédier (candidat au 1er tour, ndlr), et j’ai dit que pour tuer le multipartisme, j’ai été en prison sous Ouattara (qui fut Premier ministre dans les années 90, ndlr).
euronews :
Laurent Gbagbo seriez-vous prêt à sacrifier des Ivoiriens pour légitimer votre vision de la démocratie ?
Laurent Gbagbo :
Ce n’est pas une question de sacrifier des Ivoiriens, c’est une question qui est mondiale…
euronews :
Mais nous sommes au seuil de tout cela. La situation est tendue dans le pays…
Laurent Gbagbo :
Ce n’est pas la première fois que la situation est tendue en Côte d’Ivoire.
euronews :
L’Union européenne conteste votre légitimité.
Laurent Gbagbo :
L’Union européenne, elle suit la France. Dans les relations entre les grandes puissances aujourd’hui, chacun a sa zone d’influence. Et quand il s’agit des pays francophones d’Afrique noire, quand la France parle, tous les autres suivent. Elle s’ingère (la France, ndlr) de la plus mauvaise manière. Toutes les résolutions qui ont lieu sur la Côte d’Ivoire à l’ONU, c’est la France qui écrit le “draftâ€. C’est la France qui écrit le “draftâ€. Nous l’avons contesté plusieurs fois, mais nous sommes un petit pays. Nous ne sommes pas une puissance nucléaire, nous n’avons pas le droit de véto, nous ne sommes même pas au Conseil de sécurité.
euronews :
Votre adversaire Alassane Ouattara forme un gouvernement, nomme des ambassadeurs qui sont reconnus. L’ambassadeur nommé par Alassane Ouattara en France a été reconnu.
Laurent Gbagbo :
Mais la France a tort. Je dis que la France a tort.
euronews :
Vous avez passé 30 ans dans l’opposition, Laurent Gbagbo. Vous avez un long parcours politique. Nicolas Sarkozy vous pose des ultimatums. Que répondez-vous au chef de l’Etat Français ?
Laurent Gbagbo :
C’est inacceptable qu’un chef d’Etat, sous le prétexte que son pays est plus puissant qu’un autre pays, qu’il pose des ultimatums au chef de l’Etat de l’autre pays. Ce n’est pas possible.
euronews :
Vos opposants disent que vous n‘êtes pas un démocrate, que vous êtes un dictateur, que vous avez effectué un hold up électoral…
Laurent Gbagbo :
Quand ?
euronews :
… Que vous avez effectué un déni de démocratie au cours de ces dernières semaines, que leur répondez-vous ?
Laurent Gbagbo :
Ils ne sont pas bien placés pour en parler parce que eux tous qui sont à l’hôtel du Golfe (là où se trouvent retranchés Alassane Ouattara et son gouvernement, ndlr), ils étaient du côté du parti unique quand nous luttions pour le multipartisme. Ouattara, Bédier (candidat au 1er tour, ndlr), et j’ai dit que pour tuer le multipartisme, j’ai été en prison sous Ouattara (qui fut Premier ministre dans les années 90, ndlr).
euronews :
Laurent Gbagbo seriez-vous prêt à sacrifier des Ivoiriens pour légitimer votre vision de la démocratie ?
Laurent Gbagbo :
Ce n’est pas une question de sacrifier des Ivoiriens, c’est une question qui est mondiale…
euronews :
Mais nous sommes au seuil de tout cela. La situation est tendue dans le pays…
Laurent Gbagbo :
Ce n’est pas la première fois que la situation est tendue en Côte d’Ivoire.

