Source journal le monde du 29/12/2010
Côte d'Ivoire : il faut à tout prix éviter un nouveau Rwanda
Face à la " déstabilisation " menée par M. Ouattara, la réconciliation s'impose
Alassane Ouattara - et son chef de guerre, Guillaume Soro - a pris une responsabilité historique extrêmement grave en appelant ses militants et sympathisants à prendre la radiotélévision ivoirienne puis la primature. Il risque de donner le signal de massacres croissants, de mettre le feu à la poudrière abidjanaise, puis à l'ensemble du pays.
On peut être fatigué de jouer les Cassandre pour avoir été le seul analyste, dès les années 1980, à prédire la guerre civile à partir d'un enchaînement de violence et l'embrasement de toute l'Afrique de l'Ouest dans une " guerre nomade " tournante. On ne peut cependant que sonner le tocsin devant un danger aujourd'hui similaire.
Chaque camp est prêt à mettre les jeunes dans la rue et, à ce moment-là , à en découdre : " dioulas " d'Abobo contre sudistes de Yopougon, étrangers occidentaux menacés et " exfiltrés ", garde républicaine, armée ou gendarmerie tirant sur des foules peut-être armées... Toutes ces hypothèses cauchemardesques risquent de se réaliser. Comme en 2000. Comme en 2004. L'issue est prévisible à Abidjan, car si même les migrants sahéliens s'alliaient dans la rue aux Ivoiriens pro-Ouattara, la population est largement acquise au président Gbagbo.
Côte d'Ivoire : il faut à tout prix éviter un nouveau Rwanda
Face à la " déstabilisation " menée par M. Ouattara, la réconciliation s'impose
Alassane Ouattara - et son chef de guerre, Guillaume Soro - a pris une responsabilité historique extrêmement grave en appelant ses militants et sympathisants à prendre la radiotélévision ivoirienne puis la primature. Il risque de donner le signal de massacres croissants, de mettre le feu à la poudrière abidjanaise, puis à l'ensemble du pays.
On peut être fatigué de jouer les Cassandre pour avoir été le seul analyste, dès les années 1980, à prédire la guerre civile à partir d'un enchaînement de violence et l'embrasement de toute l'Afrique de l'Ouest dans une " guerre nomade " tournante. On ne peut cependant que sonner le tocsin devant un danger aujourd'hui similaire.
Chaque camp est prêt à mettre les jeunes dans la rue et, à ce moment-là , à en découdre : " dioulas " d'Abobo contre sudistes de Yopougon, étrangers occidentaux menacés et " exfiltrés ", garde républicaine, armée ou gendarmerie tirant sur des foules peut-être armées... Toutes ces hypothèses cauchemardesques risquent de se réaliser. Comme en 2000. Comme en 2004. L'issue est prévisible à Abidjan, car si même les migrants sahéliens s'alliaient dans la rue aux Ivoiriens pro-Ouattara, la population est largement acquise au président Gbagbo.

