M. Laurent Gbagbo, ont décidé que les résultats de ces élections-ci soient certifiés in fine par les Nations Unies. Et celles-ci ont traduit cela en 2007 par la résolution 1765. Cela veut dire que le dernier mot ne revenait plus au Conseil constitutionnel, mais au certificateur de l'ONU. Vous conviendrez avec moi, Votre Eminence, que si le dernier mot devait revenir à l'une de nos institutions, il n'aurait pas été nécessaire d'aller chercher un certificateur ailleurs. Et je remarque que vous-même n'aviez pas bronché lorsque le représentant de l'ONU avait certifié, après le Conseil constitutionnel, les résultats du premier tour qui plaçaient M. Gbagbo en tête du scrutin et éliminait entre autres M. Bédié. Comment donc pouvez-vous parler d'ingérence, dès lors que ce sont les Ivoiriens eux-mêmes qui ont demandé, sans aucune contrainte, à l'ONU de venir certifier leurs élections ? Vous n'avez pas vu d'ingérence dans nos affaires intérieures lorsque cette même communauté internationale finançait notre processus électoral, des audiences foraines à la fourniture d'isoloirs et d'encres indélébiles en passant par les inscriptions sur les listes électorales ? La seconde vérité que vous auriez dû dire à vos ouailles, aux Ivoiriens, et au monde entier, est que notre droit dit précisément ceci à propos du rôle du Conseil constitutionnel: « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Votre Eminence, nulle part notre droit n'autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats d'une région et à inverser les résultats d'ensemble du scrutin. Si tant est que le Conseil constitutionnel avait le dernier mot comme vous le prétendez, il l'avait pour dire le droit, pas pour l'inventer. Le législateur ivoirien n'a pas donné au Conseil constitutionnel le pouvoir d'annuler les voix des électeurs de quelque région que ce soit, et pour quelque motif que ce soit. Le droit de vote est sacré dans toutes les démocraties. Personne, pas même une

