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Toli Sous le Manguier

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HUM HUM a écrit le 25 décembre 2010 à 9h29
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la Côte d’Ivoire a été livrée aux multinationales en pièces détachées
22-12-2010
Le patriotisme que le camp Gbagbo invoque ne résiste pas à l’analyse de l’évolution de l’économie ivoirienne.

C’est dire que le patriotisme de Laurent Gbagbo n’a pas freiné l’avancée du Groupe Total, qui a fait son entrée au pays, en se portant acquéreur, en octobre 2010, d’une participation de 60% dans l’important permis d’exploitation CI-100 (champ offshore de 2 000 kilomètres carrés situé à 100km au sud-est d’Abidjan), avec la bénédiction du gouvernement ivoirien. L’investissement dépasserait 250 millions de dollars, un montant à minima puisque selon les experts, Total prend position sur un site qui lui garantit 20 ans de forages gratuits. A noter que ce champ dont les réserves sont estimées à 1,5 milliards de barils, a été négocié directement avec Yam’s Petroleum, qui appartient à l’architecte français Pierre Fakhoury dont une partie des prestations dans les grands chantiers de Yamoussokro est rémunéré en nature.

Autre secteur où le patriotisme de Gbagbo n’a pas joué, l’agriculture. En 2010, les exportations de cacao, la filière la plus importante du pays, sont contrôlées à 90% par Cargill, ADP, Saco, Cemoi et Oustpan. Le patriote Laurent Gbagbo a poursuivi l’application de la doctrine libérale de la Banque mondiale là où son devancier, Houpheït Boigny, était intraitable, gérant la filière à travers une caisse de stabilisation (la Caistab) qui garantissait un revenu minimal aux planteurs. Aujourd’hui, l’Etat ne contrôle plus le secteur ni en amont ni en aval. Les financements des principales opérations se font à travers la Société Générale, la Standard Chartered et la BNP Paribas, les banques locales servant pour le paiement de taxes et de redevances à l’exportations.

La volonté de rester au pouvoir a poussé le «révolutionnaire africain » a abdiquer devant la Banque mondiale, le FMI et les multinationales. L’atteinte du point de décision de l’initiative PPTE, synonyme de financements et de réduction de la dette a sans doute poussé le camarade Gbagbo a d’importances concessions. Celui qui promet la rupture a fait de son pays l’un des grands bastions du pré-carré français. Une entreprise où il a réussi puisque la Côte d’Ivoire est aujourd’hui le seul pays de l’Afrique de l’Ouest riche en matières premières où la Chine n’a pas encore pris pied.

ADAMA WADE
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