Comment la Côte d’Ivoire a été livrée aux multinationales en pièces détachées
22-12-2010
Le patriotisme que le camp Gbagbo invoque ne résiste pas à l’analyse de l’évolution de l’économie ivoirienne. La plupart des marchés stratégiques du pays ont été concédés à des firmes étrangères, de préférence françaises. Enjeux politiques.
En dix ans de pouvoir, Laurent Gbagbo a concédé des marchés stratégiques à des multinationales de préférence françaises, espérant sans doute, par le jeu des intérêts, retrouver une certaine respectabilité à l’Elysée. Le choix de l’agence française Euro RSCG (marché de 2 millions d’euros, ?), filiale de Bolloré, pour conduire sa communication lors des dernières présidentielles, illustre bien ce paradoxe entre la posture politique affichée et la réalité sous jacente. Nul ne sait combien le groupe français TNS Sofres a été payé pour produire, avant le scrutin, une série de sondages tous favorables au président sortant.
Le président Gbagbo a curieusement été celui des successeurs de Houpheït Boigny qui aura le plus concédé de place aux multinationales. Alors que Bouygues obtenait le marché de la construction du troisième pont de la capitale économique ivoirienne au détriment d’un groupe chinois, Bolloré se voyait renouvelé le marché de gré à gré de la gestion du port à conteneurs d’Abidjan. Pendant ce temps, Vinci héritait d’un grand chantier à Yamoussoukro dont le palais présidentiel. Le partage est clair : la multinationale Bolloré contrôle les ports, Bouygues gère les ponts et Vinci les palais. Les chantiers Yamoussoukro sont ainsi aux mains de l’architecte français Pierre Fakhoury suivant des procédés qui avaient ému le FMI (voir Les très bonnes affaires de Pierre Fakhoury, www.lesafriques.com)
C’est dire que le patriotisme de Laurent Gbagbo n’a pas freiné l’avancée du Groupe Total, qui a fait son entrée au pays, en se portant acquéreur, en octobre 2010, d’une participation de 60% dans l’important permis d’exploitation CI-100 (champ offshore de 2 000 kilomètres carrés situé à 100km au sud-est d’Abidjan), avec la bénédiction du gouvernement ivoirien. L’investissement dépasserait 250 millions de dollars, un montant à minima puisque selon les experts, Total prend position sur un site qui lui garantit 20 ans de forages gratuits. A noter que ce champ dont les réserves sont estimées à 1,5 milliards de barils, a été négocié directement avec Yam’s Petroleum, qui appartient à l’architecte français Pierre Fakhoury dont une partie des prestations
22-12-2010
Le patriotisme que le camp Gbagbo invoque ne résiste pas à l’analyse de l’évolution de l’économie ivoirienne. La plupart des marchés stratégiques du pays ont été concédés à des firmes étrangères, de préférence françaises. Enjeux politiques.
En dix ans de pouvoir, Laurent Gbagbo a concédé des marchés stratégiques à des multinationales de préférence françaises, espérant sans doute, par le jeu des intérêts, retrouver une certaine respectabilité à l’Elysée. Le choix de l’agence française Euro RSCG (marché de 2 millions d’euros, ?), filiale de Bolloré, pour conduire sa communication lors des dernières présidentielles, illustre bien ce paradoxe entre la posture politique affichée et la réalité sous jacente. Nul ne sait combien le groupe français TNS Sofres a été payé pour produire, avant le scrutin, une série de sondages tous favorables au président sortant.
Le président Gbagbo a curieusement été celui des successeurs de Houpheït Boigny qui aura le plus concédé de place aux multinationales. Alors que Bouygues obtenait le marché de la construction du troisième pont de la capitale économique ivoirienne au détriment d’un groupe chinois, Bolloré se voyait renouvelé le marché de gré à gré de la gestion du port à conteneurs d’Abidjan. Pendant ce temps, Vinci héritait d’un grand chantier à Yamoussoukro dont le palais présidentiel. Le partage est clair : la multinationale Bolloré contrôle les ports, Bouygues gère les ponts et Vinci les palais. Les chantiers Yamoussoukro sont ainsi aux mains de l’architecte français Pierre Fakhoury suivant des procédés qui avaient ému le FMI (voir Les très bonnes affaires de Pierre Fakhoury, www.lesafriques.com)
C’est dire que le patriotisme de Laurent Gbagbo n’a pas freiné l’avancée du Groupe Total, qui a fait son entrée au pays, en se portant acquéreur, en octobre 2010, d’une participation de 60% dans l’important permis d’exploitation CI-100 (champ offshore de 2 000 kilomètres carrés situé à 100km au sud-est d’Abidjan), avec la bénédiction du gouvernement ivoirien. L’investissement dépasserait 250 millions de dollars, un montant à minima puisque selon les experts, Total prend position sur un site qui lui garantit 20 ans de forages gratuits. A noter que ce champ dont les réserves sont estimées à 1,5 milliards de barils, a été négocié directement avec Yam’s Petroleum, qui appartient à l’architecte français Pierre Fakhoury dont une partie des prestations

