SUITE …
Au bout d’un demi siècle d’Indépendance, nos historiens n’ont que très rarement pris la peine de s’intéresser à la véritable histoire africaine. Pas surprenant que le bilan soit aujourd’hui accablant et que se déroule le tapis rouge en terre Africaine à un désastreux discours de Dakar prononcé par le président Sarkozy en juillet 2007. Aucun argument n’excuse cette carence, ni la cécité des politiques, le manque de moyens, la lourdeur des préjugés hérités de l"histoire, l’accablement des charges universitaires, je ne résiste pas à reprendre cette exclamation de Gérard Noiriel, tant sa stupéfaction fait écho à la mienne: « Comment pourrions-nous, dans ces conditions, éluder la question de notre propre responsabilité? » Nous ne pouvons que nous auto flageller par l’amnésie durable de nos silences éloquents. Nous gagnerons beaucoup à décrypter la confusion entre histoire et politique qui est à l’origine de tant de malentendus mais aussi d’instrumentalisations, sans oublier le débat entre mémoire et histoire, autre terrain glissant juché de controverses. Nos mémoires sont affectives et extrêmement diverses. Elles sont aussi contrastées parce que traumatisées.
Réconcilier les mémoires n’est pas une incantation politique, c’est un travail de savoir. Un proverbe africain le dit bien : Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Souvent mis en avant par les politiques, le devoir de mémoire impose en amont un travail de mémoire, qui implique un travail d’intelligence; l’historien doit analyser les mémoires en qualité de sources respectables, mais à remettre en contexte, comme n’importe quelle autre source. Si la mémoire relève de l’affectif et installe le souvenir dans le sacré, l’histoire, en revanche, est le façonnement d’un savoir visant à reconstituer le passé de la façon la plus rigoureuse possible. Nous devons démêler la place du passé colonial dans notre présent. Dans la plupart de nos pays d’exil, les discriminations demeurent, nous en souffrons au quotidien et les populations issues de la colonisation restent souvent perçues comme des indigènes, tout simplement parce que cet indispensable travail de mémoire n’a pas été fait, aussi bien par les principaux intéressés que nous sommes, nous autres Africains, que par les colons dont le patrimoine historique national n’a jamais inclus l’histoire de la colonisation et de l’esclavage colonial. Les tentatives connues sont érigées en Lois de la République tout en allant plutôt dans le sens de la mise en lumière des bienfaits de la sinistre
Au bout d’un demi siècle d’Indépendance, nos historiens n’ont que très rarement pris la peine de s’intéresser à la véritable histoire africaine. Pas surprenant que le bilan soit aujourd’hui accablant et que se déroule le tapis rouge en terre Africaine à un désastreux discours de Dakar prononcé par le président Sarkozy en juillet 2007. Aucun argument n’excuse cette carence, ni la cécité des politiques, le manque de moyens, la lourdeur des préjugés hérités de l"histoire, l’accablement des charges universitaires, je ne résiste pas à reprendre cette exclamation de Gérard Noiriel, tant sa stupéfaction fait écho à la mienne: « Comment pourrions-nous, dans ces conditions, éluder la question de notre propre responsabilité? » Nous ne pouvons que nous auto flageller par l’amnésie durable de nos silences éloquents. Nous gagnerons beaucoup à décrypter la confusion entre histoire et politique qui est à l’origine de tant de malentendus mais aussi d’instrumentalisations, sans oublier le débat entre mémoire et histoire, autre terrain glissant juché de controverses. Nos mémoires sont affectives et extrêmement diverses. Elles sont aussi contrastées parce que traumatisées.
Réconcilier les mémoires n’est pas une incantation politique, c’est un travail de savoir. Un proverbe africain le dit bien : Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Souvent mis en avant par les politiques, le devoir de mémoire impose en amont un travail de mémoire, qui implique un travail d’intelligence; l’historien doit analyser les mémoires en qualité de sources respectables, mais à remettre en contexte, comme n’importe quelle autre source. Si la mémoire relève de l’affectif et installe le souvenir dans le sacré, l’histoire, en revanche, est le façonnement d’un savoir visant à reconstituer le passé de la façon la plus rigoureuse possible. Nous devons démêler la place du passé colonial dans notre présent. Dans la plupart de nos pays d’exil, les discriminations demeurent, nous en souffrons au quotidien et les populations issues de la colonisation restent souvent perçues comme des indigènes, tout simplement parce que cet indispensable travail de mémoire n’a pas été fait, aussi bien par les principaux intéressés que nous sommes, nous autres Africains, que par les colons dont le patrimoine historique national n’a jamais inclus l’histoire de la colonisation et de l’esclavage colonial. Les tentatives connues sont érigées en Lois de la République tout en allant plutôt dans le sens de la mise en lumière des bienfaits de la sinistre

