Géraud Magrin : Peut-on envisager un scénario à la haïtienne (où le président Aristide s'accrocha au pouvoir le plus longtemps possible pour négocier une retraite dorée avec ses proches en Afrique du Sud) ou bien le camp Gbagbo peut-il espérer se renforcer et l'emporter avec le temps (par le contrôle des ressources du port d'Abidjan, et/ou en faisant apparaître A.D. Ouattara comme le "candidat de l'étranger") ?
Il y a plusieurs questions dans votre question. Est-ce qu'on peut imaginer que se constitue un "Gbagboland" vivant sur des ressources - café, cacao, etc. ? Ce n'est pas inenvisageable mais assez complexe en raison de procédures respectées par la filière café-cacao qui sont conformes aux régulations internationales. Pour passer à une stricte économie isolée, il faudrait rompre avec toutes ces règles. La plupart des acteurs de la filière y sont par nature opposés.Personne n'a envie d'entrer dans une économie de seigneurs de la guerre.
Quant au port, il est aussi régi par la nécessité d'être en conformité avec les réglementations internationales. Donc seule une fuite en avant d'une gravité extrême permettrait d'imaginer de tirer des ressources de cette façon. Et cela signifierait une rupture et un isolement encore plus graves.
Or, justement, ce n'est pas seulement les institutions internationales comme les Nations unies qui se sont prononcées sur la Côte d'Ivoire et sur son élection, c'est aussi toute l'Afrique, à travers des organisations comme l'Union africaine, qui vient de suspendre la Côte d'Ivoire et parle de la possibilité de sanctions dans le futur si le résultat de l'élection présidentielle certifié par les Nations unies n'était pas respecté.
C'est aussi l'organisation régionale, la Cedeao, qui est sur la même ligne, et un certain nombre de pays africains qui, de manière unilatérale, ont signifié qu'ils soutenaient cette décision collective.
Rompre avec l'ensemble de l'Afrique semble difficile pour la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo, et le plus sûr moyen de conduire à un échec.
Il y a plusieurs questions dans votre question. Est-ce qu'on peut imaginer que se constitue un "Gbagboland" vivant sur des ressources - café, cacao, etc. ? Ce n'est pas inenvisageable mais assez complexe en raison de procédures respectées par la filière café-cacao qui sont conformes aux régulations internationales. Pour passer à une stricte économie isolée, il faudrait rompre avec toutes ces règles. La plupart des acteurs de la filière y sont par nature opposés.Personne n'a envie d'entrer dans une économie de seigneurs de la guerre.
Quant au port, il est aussi régi par la nécessité d'être en conformité avec les réglementations internationales. Donc seule une fuite en avant d'une gravité extrême permettrait d'imaginer de tirer des ressources de cette façon. Et cela signifierait une rupture et un isolement encore plus graves.
Or, justement, ce n'est pas seulement les institutions internationales comme les Nations unies qui se sont prononcées sur la Côte d'Ivoire et sur son élection, c'est aussi toute l'Afrique, à travers des organisations comme l'Union africaine, qui vient de suspendre la Côte d'Ivoire et parle de la possibilité de sanctions dans le futur si le résultat de l'élection présidentielle certifié par les Nations unies n'était pas respecté.
C'est aussi l'organisation régionale, la Cedeao, qui est sur la même ligne, et un certain nombre de pays africains qui, de manière unilatérale, ont signifié qu'ils soutenaient cette décision collective.
Rompre avec l'ensemble de l'Afrique semble difficile pour la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo, et le plus sûr moyen de conduire à un échec.

