J’ai coutume de raconter aux plus jeunes que moi que la télévision est arrivée avec beaucoup de retard chez nous : elle aurait immortalisé toutes les performances des vieilles gloires qui n’ont pas eu la chance de leurs frères cadets dont le moindre but est disséqué sur toutes les chaînes du monde entier.
Le football, tel que pratiqué en nos terres il y a trente ans, était un succulent dosage de génie, de charme et de purisme, toutes qualités qui manquent aux pratiquants d’aujourd’hui que nous n’hésitons pourtant pas à encenser et à propulser de leur vivant, au rang de « monstres » du football. Mais Jean Manga Onguéné, s’il avait joué à cette période où la magie cathodique s’est répandue, eût certainement été un « dieu » du jeu de tête.
« Jean Moni » s’est construit une légende de buteur de la tête, qui a franchi les frontières du pays, et lui a valu la couronne de meilleur joueur africain en 1980. La tête de Manga Onguéné était semblable à une arbalète qui décochait les coups avec une force et surtout une précision inouïes, qui laissaient tous les gardiens de but pantois et résignés. Il est facile de deviner la trajectoire d’un ballon dans les jambes ; il n’est point aisé d’anticiper sur un coup de tête.
Plus tard, en 1990, c’est François Omam Biyick qui défraya la chronique du Mondial italien, en inscrivant un but de la tête contre l’Argentine. La performance fit tellement couler d’encre et de salive qu’elle semblait venir d’une autre planète. Autant son élaboration que sa réalisation surprirent les spectateurs sous toutes les latitudes. Sur un centre venu d’un coup franc lointain, Omam s’éleva au-dessus de la mêlée à tel point que ses jambes flottaient au niveau des épaules de ses adversaires. Il rabattit le ballon du front avec une violence qui mit à genoux le portier argentin Pumpido, le forçant à relâcher un engin embrasé qu’il tenait déjà dans ses bras ! Je me souviens que ce but de l’occiput décida une équipe de la télévision française à descendre au Cameroun, pour percer le côté mystique, selon elle, du but de l’attaquant des Lions indomptables. Omam nous avait habitués à marquer des buts de la tête, mais celui-là l’a fait entrer de son vivant au panthéon du football camerounais.
Manga Onguéné et Omam Biyick ont été les précurseurs d’une conscientisation sur l’importance capitale de la tête dans le football : autant que les autres parties du corps qui participent au jeu, la tête devenait une arme redoutable, un lance missiles. Tous deux, ils n’étaient guère dotés de cette aisance
Le football, tel que pratiqué en nos terres il y a trente ans, était un succulent dosage de génie, de charme et de purisme, toutes qualités qui manquent aux pratiquants d’aujourd’hui que nous n’hésitons pourtant pas à encenser et à propulser de leur vivant, au rang de « monstres » du football. Mais Jean Manga Onguéné, s’il avait joué à cette période où la magie cathodique s’est répandue, eût certainement été un « dieu » du jeu de tête.
« Jean Moni » s’est construit une légende de buteur de la tête, qui a franchi les frontières du pays, et lui a valu la couronne de meilleur joueur africain en 1980. La tête de Manga Onguéné était semblable à une arbalète qui décochait les coups avec une force et surtout une précision inouïes, qui laissaient tous les gardiens de but pantois et résignés. Il est facile de deviner la trajectoire d’un ballon dans les jambes ; il n’est point aisé d’anticiper sur un coup de tête.
Plus tard, en 1990, c’est François Omam Biyick qui défraya la chronique du Mondial italien, en inscrivant un but de la tête contre l’Argentine. La performance fit tellement couler d’encre et de salive qu’elle semblait venir d’une autre planète. Autant son élaboration que sa réalisation surprirent les spectateurs sous toutes les latitudes. Sur un centre venu d’un coup franc lointain, Omam s’éleva au-dessus de la mêlée à tel point que ses jambes flottaient au niveau des épaules de ses adversaires. Il rabattit le ballon du front avec une violence qui mit à genoux le portier argentin Pumpido, le forçant à relâcher un engin embrasé qu’il tenait déjà dans ses bras ! Je me souviens que ce but de l’occiput décida une équipe de la télévision française à descendre au Cameroun, pour percer le côté mystique, selon elle, du but de l’attaquant des Lions indomptables. Omam nous avait habitués à marquer des buts de la tête, mais celui-là l’a fait entrer de son vivant au panthéon du football camerounais.
Manga Onguéné et Omam Biyick ont été les précurseurs d’une conscientisation sur l’importance capitale de la tête dans le football : autant que les autres parties du corps qui participent au jeu, la tête devenait une arme redoutable, un lance missiles. Tous deux, ils n’étaient guère dotés de cette aisance

