@Tous
Chez celui qui n'est anti rien ni pro personne, tout cela ne provoque qu'une grande lassitude amusée. Car au fond, ce conflit est normal, il entre dans l'ordre naturel des choses. Roger Milla est le porte étendard de la génération de 1990, celle qui écrivit la plus belle page africaine en Coupe du Monde. N'importe quel psychologue vous dira que cette génération redoute inconsciemment qu'un autre groupe fasse mieux. Les sorties de Roger's, qui ne surviennent qu'à la veille des compétitions capitales, sont ainsi maquillées d'un vernis de bons sentiments. Si vous l'interrogez, il vous dira qu'il ne pense qu'au bien du Cameroun, à l'héritage que ses coéquipiers et lui ont laissé, etc. Il faut lui accorder cette présomption de bonne foi.
Mais que personne ne soit dupe. Ce qui est vrai, c'est que la génération "90" tremble à l'idée que celle de 2010 pourrait faire mieux, aussi vrai que beaucoup de Camerounais, tout en applaudissant Diouf et ses potes en 2002, priaient pour que le Sénégal s'arrête en quart de finale de la Coupe du Monde. On veut bien qu'ils réussissent, mais quelque chose en nous souhaite ardemment qu'ils ne fassent pas mieux que nous.
A contrario, Samuel Eto'o, dont Roger Milla est l'idole de jeunesse, veut justement réussir en tous points mieux que son modèle. C'est dans l'ordre normal des choses. Il y a donc chez l'Homme de Milan une sorte de complexe qui a beaucoup à voir avec l'Œdipe : le destin de l'héritier, c'est de surpasser le legs reçu, et pour cela il faut tuer symboliquement le "père". Il n'est pas étonnant que le capitaine des Lions exige "du respect" de la part de son idole.
Si Milla reconnaissait volontiers la valeur d'Eto'o, le conflit n'aurait pas lieu, le "père" s'effaçant volontairement pour que "le fils" monte plus haut que lui. Mais il est aussi dans l'ordre normal des choses que "le père" résiste et cherche à survivre. En vérité, une demi-finale des Lions Indomptables en Coupe du Monde placerait automatiquement Samuel Eto'o Fils au-dessus de Roger Milla au panthéon des héros du football camerounais, car l'homme de New Bell possède par ailleurs un palmarès fabuleux.
Chez celui qui n'est anti rien ni pro personne, tout cela ne provoque qu'une grande lassitude amusée. Car au fond, ce conflit est normal, il entre dans l'ordre naturel des choses. Roger Milla est le porte étendard de la génération de 1990, celle qui écrivit la plus belle page africaine en Coupe du Monde. N'importe quel psychologue vous dira que cette génération redoute inconsciemment qu'un autre groupe fasse mieux. Les sorties de Roger's, qui ne surviennent qu'à la veille des compétitions capitales, sont ainsi maquillées d'un vernis de bons sentiments. Si vous l'interrogez, il vous dira qu'il ne pense qu'au bien du Cameroun, à l'héritage que ses coéquipiers et lui ont laissé, etc. Il faut lui accorder cette présomption de bonne foi.
Mais que personne ne soit dupe. Ce qui est vrai, c'est que la génération "90" tremble à l'idée que celle de 2010 pourrait faire mieux, aussi vrai que beaucoup de Camerounais, tout en applaudissant Diouf et ses potes en 2002, priaient pour que le Sénégal s'arrête en quart de finale de la Coupe du Monde. On veut bien qu'ils réussissent, mais quelque chose en nous souhaite ardemment qu'ils ne fassent pas mieux que nous.
A contrario, Samuel Eto'o, dont Roger Milla est l'idole de jeunesse, veut justement réussir en tous points mieux que son modèle. C'est dans l'ordre normal des choses. Il y a donc chez l'Homme de Milan une sorte de complexe qui a beaucoup à voir avec l'Œdipe : le destin de l'héritier, c'est de surpasser le legs reçu, et pour cela il faut tuer symboliquement le "père". Il n'est pas étonnant que le capitaine des Lions exige "du respect" de la part de son idole.
Si Milla reconnaissait volontiers la valeur d'Eto'o, le conflit n'aurait pas lieu, le "père" s'effaçant volontairement pour que "le fils" monte plus haut que lui. Mais il est aussi dans l'ordre normal des choses que "le père" résiste et cherche à survivre. En vérité, une demi-finale des Lions Indomptables en Coupe du Monde placerait automatiquement Samuel Eto'o Fils au-dessus de Roger Milla au panthéon des héros du football camerounais, car l'homme de New Bell possède par ailleurs un palmarès fabuleux.

