Personne au Cameroun n’avait été confronté à une telle réalité avant Samuel ETO’O, celle d’être en face d’un joueur immensément riche, et avoir une attitude normale. Le ministre des sports sait que, à moins de frapper dans les caisses de l’Etat, il lui faudrait plusieurs vies pour gagner un mois de salaire d’ETO’O. Avouons qu’il lui faut une sacré personnalité pour ne pas oublier que c’est lui qui représente l’autorité de l’Etat quand il est en présence d’ETO’O. Quel armement moral a-t-on donné aux responsables en charge de la discipline au sein des Lions pour qu’ils puissent rappeler à l’ordre un multimilliardaire duquel ils rêvent de recevoir régulièrement des gifles en Euros ? Quels arguments a-t-on fourni au président de la FECAFOOT et à son staff pour pouvoir ne serait-ce qu’inquiéter un joueur dont les juteux sponsors exigent la présence au sein des Lions Indomptables avant la signature des contrats ? Les sélectionneurs de notre équipe nationale sont-ils suffisamment outillés pour donner de la motivation à un joueur qui n’est plus en quête de reconnaissance ou de « pauvres » primes de sélection ? Quel jeune joueur des Lions Indomptables a été préparé à gérer ses rapports avec un coéquipier qui a la notoriété des BECKENBAUER, ZICO, ou ZIDANE qu’il estimait ne pouvoir regarder qu’à la télé et dans les journaux ?
Les deux principales attitudes qui font problème au sein de notre équipe nationale aujourd’hui sont dues au pouvoir de l’argent : la soumission des dirigeants, et la « rébellion » de certains joueurs à ETO’O. On peut en effet penser que les uns perçoivent le moindre avis, la moindre suggestion d’ETO’O comme autant d’injonctions et d’ordres, et les autres décodent chacun de ses gestes, chacune de ses expressions, comme étant de la condescendance et du mépris.
Les deux principales attitudes qui font problème au sein de notre équipe nationale aujourd’hui sont dues au pouvoir de l’argent : la soumission des dirigeants, et la « rébellion » de certains joueurs à ETO’O. On peut en effet penser que les uns perçoivent le moindre avis, la moindre suggestion d’ETO’O comme autant d’injonctions et d’ordres, et les autres décodent chacun de ses gestes, chacune de ses expressions, comme étant de la condescendance et du mépris.

