Le parcours d'un jeune Camerounais perdu dans la jungle du foot
LE MONDE | 21.12.09 | 16h05 • Mis à jour le 22.12.09 | 08h50
Profession : footballeur. C'est écrit sur son passeport camerounais établi le 27 mars 2006. A cette époque, Yannick Abega Onana Ezembe n'avait que... 13 ans. Aujourd'hui, il reste un enfant qui confie au Monde, sans amertume, son histoire. Un conte où la fée s'est fait berner par un agent qui lui a promis des tas d'étoiles sur le maillot. "Tout jeune joueur africain rêve d'Europe, de jouer avec des Blancs et un bon ballon", souffle l'ado.
Dimanche 20 décembre, 10 heures. Le train de Madrid arrive gare d'Austerlitz, à Paris. Yannick - grosse valise et sac à l'épaule - rencontre pour la première fois Jean-Claude Mbvoumin. Ce "grand frère", président de l'association Foot Solidaire, doit déposer plainte, lundi 21, auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) pour "trafic d'enfant, maltraitance, exploitation, escroquerie envers les parents" à l'encontre de Marc Salicru Massegu, l'agent espagnol du joueur camerounais.
Au même moment, les parents du jeune attaquant devraient également déposer plainte au tribunal de Yaoundé. Ce qu'a déjà fait Foot Solidaire - par sa représentation au Cameroun - jeudi 17. "Nous voulons que la FIFA radie cet agent, explique M. Mbvoumin, qu'elle en fasse un exemple."
Le mauvais rêve commence au printemps 2006. Une "grande cousine" du père de Yannick, Marie-Antoinette Edoa, débarque à la maison. "Elle nous dit qu'un agent espagnol va bientôt venir pour recruter des joueurs", raconte le footballeur. C'est une belle opportunité. Un tournoi est organisé. "On était presque 500", se souvient-il. Parti une semaine avec son club dans une autre ville, il trouve à son retour un contrat signé par ses parents, par l'agent et par Marie-Antoinette Edoa.
Cette dame, la cinquantaine, est devenue depuis peu sa tutrice légale - sa mère adoptive - afin de gérer sa carrière. C'est d'ailleurs son job : sélectionner des jeunes et les mettre en contact avec des agents. "Quelques jours plus tard, je reçois un mail de mon agent", raconte l'attaquant. Une liste de clubs prestigieux comme le Real Madrid lui est proposée pour faire des essais. Rendez-vous à Barcelone pour une tournée des clubs. "Marc demande à mes parents de payer le billet", précise Yannick, le troisième d'une famille modeste de neuf enfants. La famille s'endette et paie.
Agé de 13 ans, il se retrouve alors au Real Majorque, pour trois saisons
LE MONDE | 21.12.09 | 16h05 • Mis à jour le 22.12.09 | 08h50
Profession : footballeur. C'est écrit sur son passeport camerounais établi le 27 mars 2006. A cette époque, Yannick Abega Onana Ezembe n'avait que... 13 ans. Aujourd'hui, il reste un enfant qui confie au Monde, sans amertume, son histoire. Un conte où la fée s'est fait berner par un agent qui lui a promis des tas d'étoiles sur le maillot. "Tout jeune joueur africain rêve d'Europe, de jouer avec des Blancs et un bon ballon", souffle l'ado.
Dimanche 20 décembre, 10 heures. Le train de Madrid arrive gare d'Austerlitz, à Paris. Yannick - grosse valise et sac à l'épaule - rencontre pour la première fois Jean-Claude Mbvoumin. Ce "grand frère", président de l'association Foot Solidaire, doit déposer plainte, lundi 21, auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) pour "trafic d'enfant, maltraitance, exploitation, escroquerie envers les parents" à l'encontre de Marc Salicru Massegu, l'agent espagnol du joueur camerounais.
Au même moment, les parents du jeune attaquant devraient également déposer plainte au tribunal de Yaoundé. Ce qu'a déjà fait Foot Solidaire - par sa représentation au Cameroun - jeudi 17. "Nous voulons que la FIFA radie cet agent, explique M. Mbvoumin, qu'elle en fasse un exemple."
Le mauvais rêve commence au printemps 2006. Une "grande cousine" du père de Yannick, Marie-Antoinette Edoa, débarque à la maison. "Elle nous dit qu'un agent espagnol va bientôt venir pour recruter des joueurs", raconte le footballeur. C'est une belle opportunité. Un tournoi est organisé. "On était presque 500", se souvient-il. Parti une semaine avec son club dans une autre ville, il trouve à son retour un contrat signé par ses parents, par l'agent et par Marie-Antoinette Edoa.
Cette dame, la cinquantaine, est devenue depuis peu sa tutrice légale - sa mère adoptive - afin de gérer sa carrière. C'est d'ailleurs son job : sélectionner des jeunes et les mettre en contact avec des agents. "Quelques jours plus tard, je reçois un mail de mon agent", raconte l'attaquant. Une liste de clubs prestigieux comme le Real Madrid lui est proposée pour faire des essais. Rendez-vous à Barcelone pour une tournée des clubs. "Marc demande à mes parents de payer le billet", précise Yannick, le troisième d'une famille modeste de neuf enfants. La famille s'endette et paie.
Agé de 13 ans, il se retrouve alors au Real Majorque, pour trois saisons

