@tous et FIN
Au Japon, les législatives augurent d'un virage politique historique
LE MONDE | 28.08.09 | 16h06 • Mis à jour le 29.08.09 | 09h00
Rarement une élection aura autant passionné les Japonais : le taux de participation pourrait atteindre 90 %, avance la chaîne de télévision nationale NHK. Une ruée vers les urnes qui témoigne d'une prise de conscience de l'enjeu du scrutin : un tournant dans l'histoire politique de l'Archipel. Le Japon est en mal de changement : "Les Etats-Unis ont osé en élisant M. Obama. Pourquoi pas nous ?", dit un militant démocrate distribuant des tracts devant la gare de Shibuya, le quartier de la jeunesse tokyoïte.
Si le raz-de-marée démocrate se produit, il donnera à ce parti formé de transfuges du PLD, d'anciens sociaux-démocrates et d'activistes des mouvements de citoyens, les moyens de sa politique. Cette victoire sonnera surtout comme un rejet sans détour du PLD. Celui-ci avait temporairement perdu le pouvoir entre 1993-1994 en raison d'une défection dans ses rangs. Cette fois, ce sont les électeurs qui lui feront mordre la poussière.
VOLONTÉ DE CHANGEMENT
La campagne qui s'achève n'a pas donné lieu à la fièvre des législatives de 2005, caractérisée par ce que la presse avait nommé le "théâtre Koizumi" (du nom du premier ministre des années 2001-2006). Elle a été plus concentrée sur les préoccupations de la population : un appauvrissement relatif de beaucoup, sans que des filets sociaux soient en place.
Les électeurs sont certes sceptiques sur la capacité des démocrates à répondre aux attentes des jeunes précaires, des personnes âgées dont le poids s'accroît dans une société vieillissante, ou des jeunes couples vivant d'allocations familiales, mais la volonté de changement est dans l'air.
"Le changement pour le changement est irresponsable", fait valoir, amer, un vétéran du PLD, Fumio Kyuma, ancien ministre de la défense qui, à Nagasaki, risque d'être battu par une novice en politique, Eriko Fukuda (28 ans). Comme M. Kyuma, d'autres "poids lourds" du PLD risquent de perdre leur siège, notamment dans les campagnes, autrefois bastion du PLD, où sévit une rébellion des agriculteurs, "abandonnés" par les cabinets Koizumi. Par une "stratégie de l'amont", le PDJ s'est imposé dans les campagnes au détriment du PLD battu aux sénatoriales de 2007.
Au Japon, les législatives augurent d'un virage politique historique
LE MONDE | 28.08.09 | 16h06 • Mis à jour le 29.08.09 | 09h00
Rarement une élection aura autant passionné les Japonais : le taux de participation pourrait atteindre 90 %, avance la chaîne de télévision nationale NHK. Une ruée vers les urnes qui témoigne d'une prise de conscience de l'enjeu du scrutin : un tournant dans l'histoire politique de l'Archipel. Le Japon est en mal de changement : "Les Etats-Unis ont osé en élisant M. Obama. Pourquoi pas nous ?", dit un militant démocrate distribuant des tracts devant la gare de Shibuya, le quartier de la jeunesse tokyoïte.
Si le raz-de-marée démocrate se produit, il donnera à ce parti formé de transfuges du PLD, d'anciens sociaux-démocrates et d'activistes des mouvements de citoyens, les moyens de sa politique. Cette victoire sonnera surtout comme un rejet sans détour du PLD. Celui-ci avait temporairement perdu le pouvoir entre 1993-1994 en raison d'une défection dans ses rangs. Cette fois, ce sont les électeurs qui lui feront mordre la poussière.
VOLONTÉ DE CHANGEMENT
La campagne qui s'achève n'a pas donné lieu à la fièvre des législatives de 2005, caractérisée par ce que la presse avait nommé le "théâtre Koizumi" (du nom du premier ministre des années 2001-2006). Elle a été plus concentrée sur les préoccupations de la population : un appauvrissement relatif de beaucoup, sans que des filets sociaux soient en place.
Les électeurs sont certes sceptiques sur la capacité des démocrates à répondre aux attentes des jeunes précaires, des personnes âgées dont le poids s'accroît dans une société vieillissante, ou des jeunes couples vivant d'allocations familiales, mais la volonté de changement est dans l'air.
"Le changement pour le changement est irresponsable", fait valoir, amer, un vétéran du PLD, Fumio Kyuma, ancien ministre de la défense qui, à Nagasaki, risque d'être battu par une novice en politique, Eriko Fukuda (28 ans). Comme M. Kyuma, d'autres "poids lourds" du PLD risquent de perdre leur siège, notamment dans les campagnes, autrefois bastion du PLD, où sévit une rébellion des agriculteurs, "abandonnés" par les cabinets Koizumi. Par une "stratégie de l'amont", le PDJ s'est imposé dans les campagnes au détriment du PLD battu aux sénatoriales de 2007.

