Le 15 janvier 2007, se réunit la commission de relecture des « Statuts standard de la Fifa ». Il s’agit de conformer les statuts actuels de la Fécafoot à ceux de l’ensemble des pays membres de la Fifa, afin que de Papouasie en Malaisie, des Honduras au Qatar, tous les satellites de la galaxie Fifa soient gouvernés par les mêmes codes formatés par les experts de Zürich. Abbo Mohammadou est désigné par Atangana Mballa pour présider les travaux.
Au bout d’une heure de séance, il fait circuler une feuille devant les membres de la commission qui y apposent noms et signature. Lorsqu’elle me parvient, je lis devant la colonne des noms : cent cinquante mille francs, au titre des frais de session. J’appelle l’attention de l’élu sur le fait que la décision qui a créé la commission ne lui a pas accordé de chapitre financier. La réponse de mon interlocuteur fuse comme un boulet. Brûlante et dévastatrice :
« Pour qui vous prenez vous pour me le rappeler ? Est-ce votre argent ? Vous allez le débloquer sinon j’arrête les travaux et je m’en vais ! ».
Abbo Mohammadou est igné jusqu’aux orteils. Il déverse toute l’aigreur de son cœur sur moi ; il évoque l’incident du billet du match ; il rappelle celui du billet d’avion. Il est plus que jamais convaincu que je lui en veux personnellement.[…]
[…]
Un jour d’octobre, « le doyen » des membres du Comité Exécutif entre dans mon bureau. Ondoua François veut «une avance d’argent à retenir sur ses jetons de présence aux prochaines sessions du Comité Exécutif ou de l’Assemblée générale ». Je suis halluciné. Où est-il allé chercher l’idée qu’on puisse se faire prépayer des frais de sessions qui ne sont même pas encore envisagées, quoique statutaires ? Je lui explique mon impuissance à accéder à sa demande et lui propose, si nécessaire, de financer de ma poche ses soins médicaux. Que ne ferais-je pour « ménager» un élu !
A ma grande surprise, sa réaction est fulgurante. Lui qui tout à l’heure était à peine audible, retrouve d’un coup son tonus pour me dire ce qu’il pense du Directeur Général que je crois être.
-Tu me prends pour un mendiant ? J’ai consacré toute ma vie au football. Je me suis ruiné. J’en suis tombé malade. Et aujourd’hui un enfant de rien du tout vient m’expliquer que je ne dois pas avoir des prétentions sur ce qui m’est dû ? Je le ferai savoir au Comité Exécutif ». Je suis estomaqué par cette diatribe aussi imprévisible qu’injustifiée. Le doyen est saisi de logorrhée.
Au bout d’une heure de séance, il fait circuler une feuille devant les membres de la commission qui y apposent noms et signature. Lorsqu’elle me parvient, je lis devant la colonne des noms : cent cinquante mille francs, au titre des frais de session. J’appelle l’attention de l’élu sur le fait que la décision qui a créé la commission ne lui a pas accordé de chapitre financier. La réponse de mon interlocuteur fuse comme un boulet. Brûlante et dévastatrice :
« Pour qui vous prenez vous pour me le rappeler ? Est-ce votre argent ? Vous allez le débloquer sinon j’arrête les travaux et je m’en vais ! ».
Abbo Mohammadou est igné jusqu’aux orteils. Il déverse toute l’aigreur de son cœur sur moi ; il évoque l’incident du billet du match ; il rappelle celui du billet d’avion. Il est plus que jamais convaincu que je lui en veux personnellement.[…]
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Un jour d’octobre, « le doyen » des membres du Comité Exécutif entre dans mon bureau. Ondoua François veut «une avance d’argent à retenir sur ses jetons de présence aux prochaines sessions du Comité Exécutif ou de l’Assemblée générale ». Je suis halluciné. Où est-il allé chercher l’idée qu’on puisse se faire prépayer des frais de sessions qui ne sont même pas encore envisagées, quoique statutaires ? Je lui explique mon impuissance à accéder à sa demande et lui propose, si nécessaire, de financer de ma poche ses soins médicaux. Que ne ferais-je pour « ménager» un élu !
A ma grande surprise, sa réaction est fulgurante. Lui qui tout à l’heure était à peine audible, retrouve d’un coup son tonus pour me dire ce qu’il pense du Directeur Général que je crois être.
-Tu me prends pour un mendiant ? J’ai consacré toute ma vie au football. Je me suis ruiné. J’en suis tombé malade. Et aujourd’hui un enfant de rien du tout vient m’expliquer que je ne dois pas avoir des prétentions sur ce qui m’est dû ? Je le ferai savoir au Comité Exécutif ». Je suis estomaqué par cette diatribe aussi imprévisible qu’injustifiée. Le doyen est saisi de logorrhée.

