Angeles et Paris ».
Si dans les chaumières l’on devisa sur l’ingéniosité du ministre à vouloir masquer ce qui prenait toutes les allures d’un détournement, personne ne rit car l’argent en question provenait des contributions à l’échelle nationale d’une campagne dénommée « Coup de cœur pour les Lions indomptables ». Aujourd’hui, nul ne sait si le ministre a récupéré sa valisette de dollars.
Les années ont passé. Rien n’a changé dans le monde du football camerounais.
[…]
[…]
Essomba Eyenga est un des moteurs du tripatouillage du fichier informatisé de la Fécafoot. Jouissant de complicités dans le système, il est passé depuis longtemps artificier en chef dans la contrefaçon des passeports des joueurs. Il tire l’essentiel de ses revenus de la traite négrière qu’il a instituée au sein de son club. Au contraire des autres dirigeants de clubs, ce négrier des temps modernes obtient plus facilement des lettres de sortie complaisamment signées par Atangana Mballa ou Thérèse Manguélé. Des documents qui lui facilitent l’obtention de visas dans les ambassades étrangères. Cette technique fait du Tonnerre de Yaoundé le club camerounais qui a le plus exporté de footballeurs. Il est même advenu, pendant des années, que la motivation d’être « vendu » incite les amateurs camerounais à se faire recruter dans le Tkc. De nombreux jeunes gens ont été envoyés à l’aventure dans les pays les plus reculés de la planète, sans la moindre garantie d’y réussir carrière. Ses destinations sont pour la plupart exotiques : Indonésie, Chine ou Mexique. La réglementation en matière de contrats professionnels y est bien molle pour ne pas dire pire. Essomba Eyenga n’a cure pour le pauvre joueur tout d’un coup déraciné et jeté en pâture dans un environnement qu’il ignore complètement. Une fois qu’il a empoché la première avance de ses sordides transactions, il ne se soucie guère de ce qu’il adviendra à son esclave. Je me réserve de donner les noms de footballeurs qui se sont retrouvés dans un coin de la planète ne sachant plus ce qu’ils y faisaient ni comment rentrer au bercail. Des carrières et des vies ont été ainsi brisées. Pendant ce temps, Essomba se gondole au Cameroun, fait l’étalage de sa présumée fortune et nargue les autres membres de la Fécafoot.
Si dans les chaumières l’on devisa sur l’ingéniosité du ministre à vouloir masquer ce qui prenait toutes les allures d’un détournement, personne ne rit car l’argent en question provenait des contributions à l’échelle nationale d’une campagne dénommée « Coup de cœur pour les Lions indomptables ». Aujourd’hui, nul ne sait si le ministre a récupéré sa valisette de dollars.
Les années ont passé. Rien n’a changé dans le monde du football camerounais.
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Essomba Eyenga est un des moteurs du tripatouillage du fichier informatisé de la Fécafoot. Jouissant de complicités dans le système, il est passé depuis longtemps artificier en chef dans la contrefaçon des passeports des joueurs. Il tire l’essentiel de ses revenus de la traite négrière qu’il a instituée au sein de son club. Au contraire des autres dirigeants de clubs, ce négrier des temps modernes obtient plus facilement des lettres de sortie complaisamment signées par Atangana Mballa ou Thérèse Manguélé. Des documents qui lui facilitent l’obtention de visas dans les ambassades étrangères. Cette technique fait du Tonnerre de Yaoundé le club camerounais qui a le plus exporté de footballeurs. Il est même advenu, pendant des années, que la motivation d’être « vendu » incite les amateurs camerounais à se faire recruter dans le Tkc. De nombreux jeunes gens ont été envoyés à l’aventure dans les pays les plus reculés de la planète, sans la moindre garantie d’y réussir carrière. Ses destinations sont pour la plupart exotiques : Indonésie, Chine ou Mexique. La réglementation en matière de contrats professionnels y est bien molle pour ne pas dire pire. Essomba Eyenga n’a cure pour le pauvre joueur tout d’un coup déraciné et jeté en pâture dans un environnement qu’il ignore complètement. Une fois qu’il a empoché la première avance de ses sordides transactions, il ne se soucie guère de ce qu’il adviendra à son esclave. Je me réserve de donner les noms de footballeurs qui se sont retrouvés dans un coin de la planète ne sachant plus ce qu’ils y faisaient ni comment rentrer au bercail. Des carrières et des vies ont été ainsi brisées. Pendant ce temps, Essomba se gondole au Cameroun, fait l’étalage de sa présumée fortune et nargue les autres membres de la Fécafoot.

