@ tous les curieux
"...L'homosexualité en Afrique : sens et variations d'hirer à nos jours
Charles Gueboguo
Résumé
"... Quand ils ont des rapports sexuels dans le même groupe, ils appellent cela kifi, c’est-à -dire lesbianisme, quand bien même les parties prenantes sont les hommes phénotypiquement parlant. Cette expression se réfère surtout aux hommes socialement égaux qui ont des rapports sexuels entre eux. Il s’agit donc de la désignation d’un modèle de rapport sexuel intragénérationnel, à cause du même statut social des acteurs impliqués, même si à partir d’une première observation, en fonction de la différence d’âge des acteurs, on serait tenté de parler du modèle transgénérationnel38. K’wazo désigne le pédicon ou le partenaire insertif et baja le pédiqué où le partenaire réceptif dans ce genre de rapport sexuel.
Dans la Côte Est africaine, c’est le kiswahili qui est parlé de manière générale, avec de légères variantes. Ainsi, les termes relatifs à l’homosexualité seront shoga ( littéralement, ami garçon-garçon) dans la variante kiswahili de Monbassa et désigne le pédiqué de manière plus précise ; kanith ou hanisi dans celle parlée à Zanzibar ; m (i) senge dans le dialecte swahili de la Tanzanie. Tous ces termes au pluriel prennent le préfixe « ma » : on dira alors : mashoga, makhanith, mahanisi. Le partenaire actif du shoga est le basha (mabasha) ou haji (mahaji). Plus précisément, le basha est le « mwanaume anamwingila mwenzake », l’homme qui entre dans ses partenaires/ses amis ; tandis que le haji est le « mwanaume rasmi rijali » c’est-à -dire le vrai homme, l’homme puissant39.
Au Cameroun chez les Bafia (Fia), le fait que les adolescents pénétraient analement les plus jeunes, ou étaient engagés dans une relation anale réciproque était traduit par l’expression ji’gele ketön ?40. Il a été découvert chez les Luba, un groupe du Congo (ancien Zaïre) dans la province du Kasaï oriental, qu’il existait un autre rôle de genre en dehors du rôle masculin et féminin connu sous le nom kitesha41 (bitesha pluriel). Ceux-ci n’aimaient pas travailler, ils n’aimaient pas rester avec les autres hommes, ils se comportaient comme les femmes, s’habillaient en vêtements de femmes.
Dans la zone Sud Africaine l’homosexualité n’était pas une chose inhabituelle. C’est ainsi que l’homosexualité des Ovambos42, un groupe parmi les Hottentots, était proverbiale. Les hommes efféminés qui subissaient les relations sexuelles anales passives étaient les ovashengi (singulier eshengi). Chez les Hereros ou Ovahe
"...L'homosexualité en Afrique : sens et variations d'hirer à nos jours
Charles Gueboguo
Résumé
"... Quand ils ont des rapports sexuels dans le même groupe, ils appellent cela kifi, c’est-à -dire lesbianisme, quand bien même les parties prenantes sont les hommes phénotypiquement parlant. Cette expression se réfère surtout aux hommes socialement égaux qui ont des rapports sexuels entre eux. Il s’agit donc de la désignation d’un modèle de rapport sexuel intragénérationnel, à cause du même statut social des acteurs impliqués, même si à partir d’une première observation, en fonction de la différence d’âge des acteurs, on serait tenté de parler du modèle transgénérationnel38. K’wazo désigne le pédicon ou le partenaire insertif et baja le pédiqué où le partenaire réceptif dans ce genre de rapport sexuel.
Dans la Côte Est africaine, c’est le kiswahili qui est parlé de manière générale, avec de légères variantes. Ainsi, les termes relatifs à l’homosexualité seront shoga ( littéralement, ami garçon-garçon) dans la variante kiswahili de Monbassa et désigne le pédiqué de manière plus précise ; kanith ou hanisi dans celle parlée à Zanzibar ; m (i) senge dans le dialecte swahili de la Tanzanie. Tous ces termes au pluriel prennent le préfixe « ma » : on dira alors : mashoga, makhanith, mahanisi. Le partenaire actif du shoga est le basha (mabasha) ou haji (mahaji). Plus précisément, le basha est le « mwanaume anamwingila mwenzake », l’homme qui entre dans ses partenaires/ses amis ; tandis que le haji est le « mwanaume rasmi rijali » c’est-à -dire le vrai homme, l’homme puissant39.
Au Cameroun chez les Bafia (Fia), le fait que les adolescents pénétraient analement les plus jeunes, ou étaient engagés dans une relation anale réciproque était traduit par l’expression ji’gele ketön ?40. Il a été découvert chez les Luba, un groupe du Congo (ancien Zaïre) dans la province du Kasaï oriental, qu’il existait un autre rôle de genre en dehors du rôle masculin et féminin connu sous le nom kitesha41 (bitesha pluriel). Ceux-ci n’aimaient pas travailler, ils n’aimaient pas rester avec les autres hommes, ils se comportaient comme les femmes, s’habillaient en vêtements de femmes.
Dans la zone Sud Africaine l’homosexualité n’était pas une chose inhabituelle. C’est ainsi que l’homosexualité des Ovambos42, un groupe parmi les Hottentots, était proverbiale. Les hommes efféminés qui subissaient les relations sexuelles anales passives étaient les ovashengi (singulier eshengi). Chez les Hereros ou Ovahe

