Bidoung Mkaptt est un homme prévenant. Il s’est empressé de faire le procès de la débâcle des Lions indomptables à la Can 2004 au lendemain même de leur élimination, histoire d’établir les responsabilités. Au banc des accusés, les Lions indomptables, la Fécafoot et toute l’importante délégation qui les accompagnait. Le ministre de la Jeunesse et des Sports en personne officiait comme président du tribunal, malgré le vice de forme apparent : il était juge et partie. Trêve de juridisme. L’homme jouait là l’une de ses séquences théâtrales qu’il aime bien… Mais un qui n’a pas du tout joué, c’est le capitaine Song Bahanag. On a découvert un capitaine d’une étonnante lucidité, d’une sincérité dérangeante qui n’a pas trouvé autre explication à la défaite des Lions que la " malchance ". On a surtout découvert un Song Bahanag très révérencieux, dont la langue de bois tranche avec ses performances sur le terrain. A l’écouter, on s’est même demandé pourquoi ce courtisan en short et godasses n’a pas signé " l’appel du 19 janvier ". Oh non, ne soyons pas prétentieux, il s’agissait tout de même d’une affaire… d’intellectuels. Mais que cela ne soit pas considéré comme du mépris pour notre Magnan national. Il lui reste quand même une chance d’entrer en politique : c’est d’abandonner le foot pour se constituer président de la section Rdpc de Lens, en France. L’équipementier Puma pourrait lui être d’un important secours, en lui confectionnant tee-shirts, maillots et godasses en tenue du parti.

