Changer d’âge comme de chemise
Parce qu’il faut bien manger et souvent donner un coup de main à sa famille, des joueurs décident eux-mêmes de changer leur âge pour trouver un club qui les accepte. « Un jour, j’ai appris qu’une équipe recherchait un joueur de moins de 23 ans. Comme j’en ai 27, j’ai décidé de me faire faire de faux papiers », raconte Simon-Pierre, footballeur dans une équipe de deuxième division au Cameroun. « Je suis allé voir un officier d’Etat civil et lui ai expliqué que j’avais perdu ma carte nationale d’identité. Il m’en a refait une autre sur présentation d’autres pièces où figurait mon nom. Tant que le nom est le même, il ne se posent pas de questions », poursuit le jeune homme.
D’aucuns estiment qu’il est d’une facilité déconcertante de se rajeunir de quelques années. « C’est très simple. Il n’y a qu’à se rendre sur n’importe quel marché avec une poignée de FCFA pour obtenir de faux papiers. Avec une photo d’identité un peu sombre ou de mauvaise qualité, il est facile de donner le change et de paraître plus jeune. Bien que la limite du « rajeunissement » n’excède pas quatre ans, par souci de crédibilité », commente un agent de football, basé en France, qui a souhaité conserver l’anonymat. Parmi les autres pratiques pour gagner quelques années : fournir les pièces d’identité du petit frère ou corrompre des personnels municipaux, dont le salaire laisse à désirer.
Des « rabatteurs téléguidés »
Mais la supercherie ne prend pas toujours. « La Fédération m’avait dans ses fichiers avec l’âge de 27 ans. Du coup, je n’ai pas pu jouer dans cette équipe. Mais je m’estime heureux parce que si j’avais été pris, j’aurais été sévèrement sanctionné. Peut-être deux ans de suspension », commente Simon-Pierre. Si certains n’osent pas falsifier leur année de naissance, beaucoup se jettent à l’eau, parfois avec l’aide de recruteurs ou d’agents douteux, pour pouvoir participer aux compétitions juniors, où la pratique serait plus que fréquente. « Nous avons déjà rencontré des équipes cadettes africaines où les joueurs étaient clairement plus âgés que 14 ans. Quand vous voyez des sportifs qui font 1,80 m et 30 kg de plus que les vôtres, vous vous dites qu’il y a forcément quelque chose qui ne tourne pas rond », explique un formateur qui opère en Afrique et en Europe.
Parce qu’il faut bien manger et souvent donner un coup de main à sa famille, des joueurs décident eux-mêmes de changer leur âge pour trouver un club qui les accepte. « Un jour, j’ai appris qu’une équipe recherchait un joueur de moins de 23 ans. Comme j’en ai 27, j’ai décidé de me faire faire de faux papiers », raconte Simon-Pierre, footballeur dans une équipe de deuxième division au Cameroun. « Je suis allé voir un officier d’Etat civil et lui ai expliqué que j’avais perdu ma carte nationale d’identité. Il m’en a refait une autre sur présentation d’autres pièces où figurait mon nom. Tant que le nom est le même, il ne se posent pas de questions », poursuit le jeune homme.
D’aucuns estiment qu’il est d’une facilité déconcertante de se rajeunir de quelques années. « C’est très simple. Il n’y a qu’à se rendre sur n’importe quel marché avec une poignée de FCFA pour obtenir de faux papiers. Avec une photo d’identité un peu sombre ou de mauvaise qualité, il est facile de donner le change et de paraître plus jeune. Bien que la limite du « rajeunissement » n’excède pas quatre ans, par souci de crédibilité », commente un agent de football, basé en France, qui a souhaité conserver l’anonymat. Parmi les autres pratiques pour gagner quelques années : fournir les pièces d’identité du petit frère ou corrompre des personnels municipaux, dont le salaire laisse à désirer.
Des « rabatteurs téléguidés »
Mais la supercherie ne prend pas toujours. « La Fédération m’avait dans ses fichiers avec l’âge de 27 ans. Du coup, je n’ai pas pu jouer dans cette équipe. Mais je m’estime heureux parce que si j’avais été pris, j’aurais été sévèrement sanctionné. Peut-être deux ans de suspension », commente Simon-Pierre. Si certains n’osent pas falsifier leur année de naissance, beaucoup se jettent à l’eau, parfois avec l’aide de recruteurs ou d’agents douteux, pour pouvoir participer aux compétitions juniors, où la pratique serait plus que fréquente. « Nous avons déjà rencontré des équipes cadettes africaines où les joueurs étaient clairement plus âgés que 14 ans. Quand vous voyez des sportifs qui font 1,80 m et 30 kg de plus que les vôtres, vous vous dites qu’il y a forcément quelque chose qui ne tourne pas rond », explique un formateur qui opère en Afrique et en Europe.

