This is the crual truth
just read the following
Lorsqu’il fallait venir au Cameroun, Abdoulaye F. Ndione et Seydi Dieng qui sont à leur premier séjour dans ce pays ne dissimulaient pas leur enthousiasme. L’un et l’autre voulaient percer ce qu’ils considèrent comme l’énigme camerounaise : les rares bonnes nouvelles qui viennent de ce pays concernent les victoires des Lions indomptables, elles-mêmes émaillés d’impréparation, d’improvisation et de détournement des primes des joueurs. La quiétude des étudiants sans bourses dans les universités, la clochardisation des enseignants à tous les niveaux, objet de soulèvements à Dakar et ailleurs, les Camerounais les surprennent par leur manque de réaction. Ils considèrent d’ailleurs cela comme des données normales de leur existence.
Nos visiteurs d’un instant ne comprennent pas les autorités camerounaises qui, mises en cause nommément preuves à l’appui dans la presse, restent indifférentes comme si elles n’avaient de compte à rendre à personne, même pas à leur conscience. Le pouvoir de la presse, qui n’existe en réalité que par la réaction consécutive à une dénonciation périclite et diminue. Abdoulaye Fodé Ndione illustre son étonnement du " cas Cameroun " par un récent fait qui venait de se produire au Sénégal : un journaliste des services publics commet un livre, fruit d’une grande investigation menée dans un ministère. Plusieurs ministres sont mis en cause dans l’enquête de l’auteur. Le livre est un best-seller national. Le président Abdoulaye Wade réagi. Il sort les mis en cause du gouvernement et crée une commission d’enquête pour en savoir plus. Question de notre visiteur : " cela peut-il se faire déjà au Cameroun ? "
Au Cameroun, on ne rend pas de compte au peuple, seulement au président de la République. Mais lui, il est indifférent. Il ne décide de rien. Il sanctionne là où on ne l’attend pas. Nos visiteurs font un autre constat : les Camerounais sont bavards lorsqu’on parle du sport, des soirées mondaines ou du sexe. Ils se dérobent du regard, changent de sujet ou tout simplement se taisent lorsqu’on parle de politique de manière critique. Ils ont la peur dans le ventre. Les responsables ont peur d’être dénoncés, ils perdraient leurs avantages. Il y a un sentiment de démission collective. La tentative d’un suivisme grégaire a gagné les masses en passant par l’intelligentsia. Que reste-t-il d’un intellectuel incapable de critiquer ?
Abdoulaye Fodé Ndione compatit : " soyez courageux et persévérants. Au Sénégal, nous sommes passés par-là . Nous avons vécu toutes ces frustrations. Aujourd’hui, aucun politique chez nous ne peut plus se comporter comme en terrain conquis. Même pas le président de la République ! " Pantois, j’écoute, comme un élève face au professeur qui distille des cours venant du Sénégal
just read the following
Lorsqu’il fallait venir au Cameroun, Abdoulaye F. Ndione et Seydi Dieng qui sont à leur premier séjour dans ce pays ne dissimulaient pas leur enthousiasme. L’un et l’autre voulaient percer ce qu’ils considèrent comme l’énigme camerounaise : les rares bonnes nouvelles qui viennent de ce pays concernent les victoires des Lions indomptables, elles-mêmes émaillés d’impréparation, d’improvisation et de détournement des primes des joueurs. La quiétude des étudiants sans bourses dans les universités, la clochardisation des enseignants à tous les niveaux, objet de soulèvements à Dakar et ailleurs, les Camerounais les surprennent par leur manque de réaction. Ils considèrent d’ailleurs cela comme des données normales de leur existence.
Nos visiteurs d’un instant ne comprennent pas les autorités camerounaises qui, mises en cause nommément preuves à l’appui dans la presse, restent indifférentes comme si elles n’avaient de compte à rendre à personne, même pas à leur conscience. Le pouvoir de la presse, qui n’existe en réalité que par la réaction consécutive à une dénonciation périclite et diminue. Abdoulaye Fodé Ndione illustre son étonnement du " cas Cameroun " par un récent fait qui venait de se produire au Sénégal : un journaliste des services publics commet un livre, fruit d’une grande investigation menée dans un ministère. Plusieurs ministres sont mis en cause dans l’enquête de l’auteur. Le livre est un best-seller national. Le président Abdoulaye Wade réagi. Il sort les mis en cause du gouvernement et crée une commission d’enquête pour en savoir plus. Question de notre visiteur : " cela peut-il se faire déjà au Cameroun ? "
Au Cameroun, on ne rend pas de compte au peuple, seulement au président de la République. Mais lui, il est indifférent. Il ne décide de rien. Il sanctionne là où on ne l’attend pas. Nos visiteurs font un autre constat : les Camerounais sont bavards lorsqu’on parle du sport, des soirées mondaines ou du sexe. Ils se dérobent du regard, changent de sujet ou tout simplement se taisent lorsqu’on parle de politique de manière critique. Ils ont la peur dans le ventre. Les responsables ont peur d’être dénoncés, ils perdraient leurs avantages. Il y a un sentiment de démission collective. La tentative d’un suivisme grégaire a gagné les masses en passant par l’intelligentsia. Que reste-t-il d’un intellectuel incapable de critiquer ?
Abdoulaye Fodé Ndione compatit : " soyez courageux et persévérants. Au Sénégal, nous sommes passés par-là . Nous avons vécu toutes ces frustrations. Aujourd’hui, aucun politique chez nous ne peut plus se comporter comme en terrain conquis. Même pas le président de la République ! " Pantois, j’écoute, comme un élève face au professeur qui distille des cours venant du Sénégal
Merci de patienter...

