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Guide des États-Unis pour la Coupe du monde 2026

L’optimisme est mesuré pour les États-Unis, co-organisateurs de la Coupe du Monde 2026, dont le guide est Mauricio Pochettino. Mis sous pression par leur population, ils se doivent de justifier les dépenses considérables de leurs supporters en billets.

Le plan

Les nations hôtes bénéficient d’une qualification automatique, mais une campagne éliminatoire aurait sans doute aidé les États-Unis à clarifier son approche idéale.

Mauricio Pochettino a expérimenté de nombreuses variations tactiques depuis sa nomination. Cependant, son objectif a toujours été au moins de contrôler le jeu. Face à des adversaires moins bien classés — Paraguay, Australie, Équateur l’automne dernier —, les États-Unis ont tourné autour de 60 % de possession, tandis que les confrontations avec des favoris présumés (Uruguay, Japon, Belgique récemment) affichaient un rapport plus équilibré, proche du 50/50. Le goût prononcé de Pochettino pour le pressing haut, marque de fabrique de sa carrière, a largement été mis de côté; il privilégie plutôt un bloc médian pour limiter les incursions adverses dans le dernier tiers.

Balle au pied, les États-Unis cherchent à enchaîner les séquences de passes dans les couloirs, en utilisant dernièrement deux milieux offensifs et un double pivot derrière eux pour mieux circuler au cœur du jeu. La largeur est presque exclusivement assurée par les latéraux ou les pistons, les milieux se décalant ponctuellement pour créer des supériorités numériques.

Malgré un secteur défensif central peu fourni, Pochettino avait obtenu de bons résultats avec une défense à trois et des pistons à l’automne dernier… avant de revenir à un 4-2-3-1 lors d’une désastreuse correction 5-2 face à la Belgique en mars.

Les deux systèmes fonctionnent en réalité de manière similaire, avec un 3-2-5 en possession et un 4-4-2 ou 5-3-2 en phase défensive. C’est le dilemme classique lié au personnel disponible : Pochettino parviendra-t-il à aligner son équipe dans la configuration optimale à cinq défenseurs — comme lors du succès 5-1 face à l’Uruguay —, ou fera-t-il le choix de faire jouer ses meilleurs éléments au détriment de l’équilibre tactique, comme lors de la déroute belge ?

« La Belgique et le Portugal comptent, dans le top 25mondial, plusieurs joueurs, voire plusieurs. Nous, je ne pense pas que nous en ayons », a admis Pochettino après une défaite 2-0 face au Portugal. C’était leur dernier match avant l’annonce du groupe. De quoi laisser songeur.

Si ces joueurs ne sont peut-être pas destinés à dominer la planète football, les 26 sélectionnés de Pochettino ont reçu des messages plutôt bien accueillis, contrairement à ceux laissés de côté. Des joueurs d’équipe confirmés contribuent à la cohésion du groupe au-delà de leur seul apport sur le terrain, et la volonté de créer une ambiance plus sereine qu’il y a quatre ans est palpable. Une fois le coup de sifflet retenti, ce groupe est déterminé à montrer qu’il peut dicter le jeu, loin des replis défensifs et des contres des précédentes Coupes du monde. Il ne leur reste plus qu’à jouer avec élégance et à décrocher des résultats face aux meilleures équipes.

Le sélectionneur qui guide les États-Unis lors de la Coupe du Monde 2026

Figure connue du grand public, Mauricio Pochettino a choisi de se lancer dans le football international après un passage éprouvant et ingrat à Chelsea. En tant que joueur, il avait représenté l’Argentine lors de la Coupe du monde 2002, apportant robustesse et intelligence tactique en défense centrale. Il reste une figure adorée dans certains quartiers du nord de Londres, pour avoir conduit Tottenham vers sa meilleure période de l’ère moderne. Nommé en 2024, après l’élimination de la USMNT dès la phase de groupes d’une Copa América à domicile sous Gregg Berhalter, Pochettino devrait retrouver le football de club à l’issue du tournoi.

Le joueur star

Bien que Pochettino et le jury du Guardian l’aient écarté du top 100 mondial, Christian Pulisic est un joueur capable de faire basculer un match, tant avec les États-Unis qu’avec l’AC Milan. À 27 ans, il est le visage de la sélection depuis que celle-ci a raté la qualification pour la Coupe du monde 2018, portant une pression immense pour incarner un renouveau et une ambition véritables. Cette année a été difficile pour l’attaquant originaire de Hershey, sans but depuis décembre dernier, toutes compétitions confondues. Sa capacité à éliminer ses adversaires et à se créer des occasions en fait néanmoins une priorité défensive dans chaque rencontre.

Le joueur à suivre

Après les départs de Jozy Altidore et Clint Dempsey, les États-Unis ont traversé le cycle 2022 avec une attaque construite par rotation. C’est donc un véritable coup de maître que de voir Folarin Balogun choisir son pays de naissance plutôt que l’Angleterre ou le Nigeria : formé à Arsenal, cet attaquant est estimé à plus de 40 millions de dollars sur le marché des transferts. Balogun est un finisseur de qualité, doté du sens du placement pour convertir des offrandes et de la technique pour tenter sa chance de n’importe où dans les 25 mètres avec le bon service. Sa forme avec Monaco a été irrégulière, mais il était globalement en bonne condition ce printemps. Il est le dernier danger man à porter le numéro 20 des États-Unis, dans la lignée de Brian McBride.

Le héros de l’ombre

À l’exception peut-être de Tyler Adams, aucun joueur n’est plus irremplaçable dans ce groupe américain que Chris Richards. Vainqueur de la FA Cup avec Crystal Palace en 2025, Richards est la présence la plus sûre de la défense nationale, un défenseur central moderne aux solides statistiques défensives, aussi à l’aise dans les duels au sol que dans les airs, et capable de relancer proprement pour s’inscrire dans les schémas de possession. Ses performances en club ont longtemps été éclipsées par celles de Marc Guéhi, jusqu’au départ de l’Anglais ; de même, son association avec Tim Ream a constitué un atout discret mais réel pendant une grande partie de ce cycle. Une série de prestations solides cet été pourrait inciter la prochaine génération à redécouvrir la noblesse de l’art défensif.

Ce qu’on peut attendre des supporters

L’optimisme est rare après une fenêtre internationale de mars catastrophique, à laquelle s’ajoute le sentiment d’être pressé comme un citron par la politique tarifaire de cette Coupe du monde. Les prix sont tellement prohibitifs qu’il est difficile de garantir un soutien comparable à celui des tournois passés, bien plus accessibles. Un ticket d’entrée à quatre chiffres pourrait peser sur l’atmosphère dans les tribunes, les supporters ayant d’autant plus de pression pour justifier leur dépense. Le reste, on le connaît : rouge, blanc et bleu, « U-S-A ! U-S-A ! », et des déguisements de patriotes de la Révolution et d’aigles chauves à foison.

Les enjeux

Si l’organisation de la Coupe du monde 1994 avait éveillé l’intérêt du pays pour le football, 2026 était perçue comme un tremplin pour propulser le sport vers une notoriété encore plus grande. Les ligues domestiques ont aligné leur planification à moyen et long terme sur cet été, espérant toucher un maximum de nouveaux publics. Si les supporters ne se ruent pas vers leurs clubs locaux — encore une fois, l’accès aux stades est hors de prix —, certains craignent un désengagement des investisseurs.

Pour les joueurs sur le terrain : des éliminations en huitièmes de finale en 2010, 2014 et 2022 ont privé la sélection d’un quart de finale depuis 2002. Longtemps présentés comme une potentielle génération dorée, ils auraient tout à regagner avec un beau parcours, qui viendrait racheter un cycle en dents de scie et légitimer les émoluments généreux de Pochettino. Dans le cas contraire, les supporters seront impatients de tourner la page et de miser sur la prochaine génération, dans l’espoir de hisser enfin les États-Unis parmi les dix meilleures équipes mondiales.

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