Les Lions Indomptables du Cameroun ont fait leur rentrée ce lundi 21 septembre à Yaoundé, à trois jours de la réception des Comores. Cette rencontre comptera pour la première journée des éliminatoires de la CAN 2027. Un regroupement qui arrive dans un contexte d’Exclusion péremptoire qui porte l’estampille de Samuel Eto’o. Cadres écartés, jeunes pousses et joueurs évoluant dans des championnats de second plan. Ce choix est assumé par David Pagou, qui nous fait nous replonger dans l’ère Rigobert Song. Le seul trait d’union entre les deux sélectionneurs est bien celui qui les a nommé.
Une tanière qui se remplit, un groupe qui se découvre
Selon la communication officielle des Lions, 14 joueurs étaient déjà présents lundi matin à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Il s’agit de :
- Samuel Kotto,
- Kévin Keben,
- Lilian Njoh,
- Emmanuel Moungam A Ngon,
- Blondy Nna Noukeu,
- Ryan Fosso,
- Harouna Djibirin,
- Angel Yondjo,
- Mahamadou Nagida,
- Arthur Avom,
- Simon Ngapandouetnbu,
- Junior Tchamadeu,
- Ivan Cédric Bikoue Embolo
- Maël Fernandez Monyebe.
Che Malone et Merlin Lako Wendeu qui étaient attendus dans la journée, sont bel et bien dans la tanière. Les dix derniers éléments devraient arriver dans la soirée de lundi et aux premières heures du mardi 22 septembre.
Au programme de cette première journée : une séance d’étirements le matin sous la conduite du préparateur physique Bryan Meyeke, puis un entraînement à 17h au stade militaire, dont les 30 premières minutes sont ouvertes au public et aux médias accrédités.
Le détail de cette liste d’arrivants dit déjà beaucoup du nouveau visage de la sélection. Une majorité de joueurs sont jeunes, encore peu capés, et plusieurs noms que le grand public découvre.
Un calendrier propice aux tests ?
Le Cameroun évolue dans le groupe G des éliminatoires de la CAN « Pamoja » Ouganda/Kenya/Tanzanie 2027, aux côtés des Comores, du Congo et de la Namibie. Après les Comores le 24 septembre, les Lions se déplacent au Congo le 29 septembre, avant un match amical face à la Côte d’Ivoire le 3 octobre.
Le contexte pèse. Le Cameroun reste sur une élimination en barrage de la zone Afrique du Mondial 2026 face à la RD Congo, puis sur une sortie en quarts de finale de la CAN 2025 contre le Maroc. Dans ce climat, chaque choix du sélectionneur est scruté.
Les Comores, elles, ne viennent pas en victimes. Présents aux CAN 2021 et 2025, les Cœlacanthes d’Hubert Velud arrivent avec un groupe de 24 joueurs rajeuni, privé notamment de Youssouf M’Changama.
Cette liste qui envoie des joueurs à la retraite, à l’image de Zambo Anguissa
Dévoilée le 7 septembre, la liste de 26 joueurs compte cinq nouveaux venus : Lilian Njoh (Servette), Bill Nsongo (Deportivo La Corogne), Harouna Djibirin (Angers), Roy Nyengue (Espérance de Zarzis) et Merlin Lako Wendeu (Marumo Gallants). Elle a été retouchée dès le lendemain : blessé à la cuisse avec Levante, Karl Etta Eyong a déclaré forfait et a été remplacé par Ivan Cédric Bikoue Embolo (Alanyaspor), qui figurait parmi les réservistes.
Les absences, elles, sont nombreuses. André Onana n’est toujours pas rappelé. Vincent Aboubakar, Eric Maxim Choupo-Moting, Nouhou Tolo, Devis Epassy, Christian Bassogog et Christopher Wooh ne figurent pas dans le groupe. Carlos Baleba est blessé, et André-Frank Zambo Anguissa a annoncé le 31 août la fin de sa carrière internationale.
Selon plusieurs médias proches de la Fécafoot, l’objectif est de préparer progressivement la génération de relève plutôt que de s’appuyer systématiquement sur les cadres historiques. Cette manière de penser soulève des questions.
Les vraies inquiétudes de ces décisions iniques :
À ne vouloir avoir que des joueurs qui acceptent tout, l’on se prive de leadership sur et en dehors des terrains. Il faut voir déjà l’obstination de ce courant de pensée sur le poste de gardien de but où on choisit de faire confiance à un jeune sans repère international. Et ce n’est qu’au Cameroun qu’on peut voir des infamies pareilles. Joseph Antoine Bell, Tchombang, des personnalités fortes, ont eu du succès en Lions Indomptables. Le premier, il faut le souligner, a offert deux Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun.
C’est le point le plus sensible. Sans Onana ni Epassy, la hiérarchie repart presque de zéro. Simon Ngapandouetnbu (Montpellier), Blondy Nna Noukeu (US Boulogne) et Merlin Lako Wendeu (Marumo Gallants, Afrique du Sud) se disputent la place de numéro un. Aucun des trois n’a le vécu international de ses prédécesseurs. Dans une campagne de qualification, un gardien en manque de repères peut coûter des points, surtout à l’extérieur.
Une attaque sans aucun joueur confirmé en dehors de Mbeumo
Le forfait d’Etta Eyong accentue la question offensive. Sans Aboubakar ni Choupo-Moting, le secteur repose sur des joueurs jeunes : Christian Kofane (Bayer Leverkusen), Bill Nsongo (La Corogne), Angel Yondjo (Lille) et Ivan Cédric Bikoue Embolo (Alanyaspor). Du potentiel, certainement. Mais aucun de ces profils n’a encore porté l’attaque des Lions, même pas d’un club dans un match à enjeu. Bryan Mbeumo (Manchester United) apparaît de fait comme le seul repère offensif confirmé, avec une charge qui risque d’être lourde. Et là aussi, Camfoot entend des rumeurs de retraite anticipée.
Des championnats de moindre exposition
La liste fait une place notable à des joueurs évoluant hors des grands championnats : Afrique du Sud (Marumo Gallants), Tunisie (Espérance de Zarzis, Espérance de Tunis), Algérie (USM Alger), Brésil (Clube do Remo), Suède (Landskrona BoIS), République tchèque (Jablonec) ou encore Belgique (Beveren).
Évoluer dans un championnat moins médiatisé n’est pas un défaut en soi : ces joueurs peuvent être titulaires, réguliers et en confiance. Mais l’écart d’intensité avec le très haut niveau reste une réalité. Les convoquer pour les tester est légitime ; lancer un ou deux dans un match qui compte est un autre pari.
Samuel Eto’o et David Pagou y ont glissé les « ndolè du Chef »
L’analyse serait incomplète sans rappeler que cette sélection ne repose pas uniquement sur des données chiffrées. En ratissant dans des championnats de seconde zone pour des joueurs qui n’auraient jamais pu être sélectionnantes, la logique des choix perd son caractère tangible. Comment un Angel Yondjo qui en un an n’a jamais joué un seul match de championnat avec Lille, est en sélection et pas plusieurs autres ? Il évolue quand en National 2 même si cela va deux ans qu’il est dans ce club.
Pour les laudateurs de la Fécafoot, le renouvellement est aussi une nécessité : plusieurs cadres approchent ou ont dépassé la trentaine, et les échecs récents plaident pour un changement de cycle. Enfin, une liste vaut d’abord pour les matchs auxquels elle se rapporte : rien n’indique que les portes soient définitivement fermées aux absents.
Le débat ne devrait pas opposer jeunes et anciens, mais porter sur le la qualité des joueurs. Rajeunir un groupe se fait généralement par touches, en encadrant les nouveaux par un socle expérimenté.











