La Suède revient de loin. Après un début de qualifications catastrophique, un changement de sélectionneur et une campagne de barrages renversante, les Blågult débarquent en Amérique du Nord avec un souffle nouveau. Graham Potter a redonné une identité, Viktor Gyökeres a retrouvé le feu, et l’équipe se prend à rêver d’un parcours qui semblait impossible il y a encore quelques mois. Ce Guide Suède Coupe du Monde 2026 raconte une sélection qui a frôlé l’abîme avant de se reconstruire.
Une qualification arrachée au bord du gouffre
La route vers le Mondial avait commencé dans le chaos. Sous Jon Dahl Tomasson, la Suède n’avait pris qu’un point en quatre matchs, jusqu’à une défaite contre le Kosovo qui a mis fin à son mandat. Le pays semblait condamné à manquer une deuxième Coupe du monde consécutive.
Puis Graham Potter est arrivé. L’Angleterre l’avait révélé, mais c’est en Suède qu’il s’était construit, à Östersund, où il avait gravi les divisions jusqu’à battre Arsenal en Europe. Son retour a immédiatement changé le ton. Il a ramené une philosophie plus traditionnelle : une défense compacte, un bloc discipliné, des transitions rapides. Et même s’il disait préférer une défense à quatre, il a choisi un 5‑3‑2 pour les barrages, histoire de verrouiller l’arrière-garde.
Ce choix a payé. En demi‑finale, la Suède a dominé l’Ukraine grâce à un triplé de Viktor Gyökeres. En finale, contre la Pologne, elle a souffert, mais Gyökeres a encore frappé à la 88e minute, envoyant tout un pays au Mondial. Potter a parlé d’une soirée “irréelle”, comme s’il assistait à la scène de l’extérieur. C’est ce genre de moment qui change une sélection.
Une équipe portée par l’élan Potter
La Suède n’a pris que deux points dans son groupe de qualification, mais elle arrive au Mondial avec une dynamique totalement différente. Le tirage — Tunisie, Pays‑Bas, Japon — est difficile, mais l’équipe croit en ses chances. C’est l’effet Potter : une sélection qui doutait a retrouvé une colonne vertébrale, une idée claire, une énergie nouvelle.
Les blessures compliquent toutefois la donne. Le capitaine Dejan Kulusevski est forfait, un coup dur tant son influence dépasse le terrain. Alexander Isak, lui, arrive diminué, même s’il a marqué contre la Norvège début juin. La Suède devra avancer avec un Gyökeres en feu et un collectif resserré.
Graham Potter, un retour amoureux
Potter n’a jamais caché son attachement à la Suède. Quelques jours avant sa nomination, il avait confié à Fotbollskanalen qu’il rêvait de diriger la sélection. La fédération n’a pas hésité. Malgré deux premiers matchs sans victoire, elle lui a offert une prolongation jusqu’en 2030. Il parle suédois, connaît la culture, comprend les attentes. Après des passages difficiles à Chelsea et West Ham, il a trouvé un environnement où son approche humaine et méthodique fonctionne.
Viktor Gyökeres, le nouveau talisman
Alexander Isak est devenu le transfert le plus cher de l’histoire de la Premier League, mais le cœur de la sélection bat désormais au rythme de Viktor Gyökeres. L’attaquant d’Arsenal a mis du temps à s’adapter à son nouveau club, mais il a explosé au moment où la Suède en avait le plus besoin. Quatre buts en deux matchs de barrages, dont un but décisif contre la Pologne, ont fait de lui un héros national. Sa célébration inspirée de Bane, le personnage de Tom Hardy, est devenue virale dans tout le pays.
Gustaf Lagerbielke, la révélation inattendue
S’il y a un joueur qui a changé la donne en défense, c’est Gustaf Lagerbielke. Le défenseur de Braga a été immense contre la Pologne : un but de la tête, une prestation autoritaire face à Lewandowski, et une sérénité rare pour un joueur encore méconnu. Son histoire ajoute au charme : baron, 254e dans l’ordre de succession au trône suédois, il pourrait profiter du Mondial pour décrocher un transfert vers un grand championnat.
Jesper Karlström, le métronome discret
Pour exister face aux Pays‑Bas et au Japon, la Suède aura besoin de gagner les duels au milieu. C’est là que Jesper Karlström devient indispensable. Capitaine d’Udinese, passé par Djurgården et Lech Poznań, il a connu une carrière tardive, marquée par des épreuves personnelles, notamment une addiction au jeu qu’il a réussi à surmonter. Aujourd’hui, il est le joueur qui stabilise tout : solide dans les duels, propre dans la relance, rassurant pour les jeunes autour de lui.
Des supporters bruyants, festifs et fidèles
Les fans suédois voyagent toujours en masse. Ils sont bruyants, chaleureux, souvent drôles, et adorent échanger avec les supporters adverses. Leur chant fétiche, “Kanna på”, parle de pichets de bière qui n’arrêtent jamais d’arriver. Ils promettent “100 000 hommes”, et même si ce chiffre est symbolique, la délégation jaune et bleue sera massive.
Une relation distante avec Trump, mais sans tension
La Suède n’a pas oublié la phrase de Donald Trump en 2017 — “Look what happened in Sweden last night” — alors qu’il ne s’était rien passé. L’épisode avait fait rire autant qu’agacer. Mais pour ce Mondial, aucune tension particulière : les Suédois viennent pour le football, pas pour la politique.
Une équipe qui revient de loin, mais qui peut surprendre
La Suède n’est pas favorite, mais elle a quelque chose que beaucoup d’équipes n’ont pas : un élan. Potter a redonné une âme, Gyökeres a redonné un but, et le groupe a retrouvé une fierté. Dans un Mondial où tout peut basculer sur un détail, cette équipe peut surprendre.
Ce Guide Suède Coupe du Monde 2026 montre une sélection qui a refusé de mourir et qui arrive avec l’envie de prouver qu’elle mérite sa place.










