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Égypte : un Mondial 2026 pour enfin briser le plafond de verre

L’Égypte débarque en Amérique du Nord avec une idée simple : décrocher enfin sa première victoire en Coupe du monde. Les Pharaons arrivent invaincus des éliminatoires, portés par un Mohamed Salah toujours central, mais aussi par une équipe plus disciplinée que flamboyante. Dans un Groupe G où figurent la Belgique, l’Iran et la Nouvelle‑Zélande, ce Guide Égypte Coupe du Monde 2026 explore une sélection solide, parfois limitée, mais déterminée à écrire une page que le pays attend depuis des décennies.

Une qualification maîtrisée, mais un jeu encore sous contrôle

L’Égypte a validé son billet pour le Mondial sans perdre le moindre match, avec une avance confortable et un match d’avance. Les chiffres parlent d’eux‑mêmes : dix-neuf buts inscrits, seulement deux encaissés, sept clean sheets et un Salah qui a porté l’équipe comme rarement. Pourtant, derrière ces statistiques flatteuses, le jeu reste fidèle à ce que les Pharaons proposent depuis plusieurs années : une équipe compacte, patiente, parfois trop prudente, qui attend le bon moment pour libérer Salah ou Omar Marmoush dans les espaces.

Cette approche a ses limites. La demi‑finale de la CAN 2025 contre le Sénégal l’a rappelé : l’Égypte a davantage subi qu’elle n’a contrôlé, et cette passivité lui a coûté cher. Au Mondial, le schéma devrait rester le même, avec un 4‑3‑3 qui se transforme en 4‑2‑3‑1 lorsque l’équipe doit courir après le score, et un passage ponctuel à trois défenseurs lorsque l’adversaire impose un pressing haut.

Une ossature claire, entre expérience et prudence

Mohamed El‑Shenawy devrait débuter dans les buts, même si Mostafa Shobeir a bousculé la hiérarchie ces derniers mois. Devant lui, Rami Rabia sera le point fixe de la défense centrale, accompagné soit de Hossam Abdelmaguid, soit de Yasser Ibrahim. Marwan Attia et Hamdi Fathi formeront le premier rideau, tandis qu’Emam Ashour aura la mission d’alimenter le trio offensif.

L’Égypte reste une équipe difficile à manœuvrer, disciplinée, souvent très engagée émotionnellement. Mais elle peut vite devenir prévisible lorsque les adversaires verrouillent Salah. Si le milieu ne parvient pas à casser les lignes, l’équipe se retrouve sans solution, contrainte de jouer long ou de subir.

Hossam Hassan, un sélectionneur sous tension permanente

Hossam Hassan est une légende du football égyptien, meilleur buteur de l’histoire de la sélection, mais son parcours d’entraîneur n’a jamais atteint les mêmes sommets. Neuf clubs, deux sélections, aucun trophée : son CV ne fait pas l’unanimité. Son arrivée à la tête des Pharaons en 2024 a immédiatement pris une tournure nationaliste, et chaque conférence de presse rappelle son tempérament volcanique.

Lors de la qualification, il a salué “le peuple égyptien et le président Sissi”, et après l’élimination en demi‑finale de la CAN, il a évoqué des hôtels infestés de moustiques, des calendriers biaisés et la jalousie du continent envers l’Égypte. Quand un journaliste l’a interrogé sur ses choix tactiques, il a sèchement coupé court. C’est un personnage entier, parfois excessif, mais qui sait créer une atmosphère de défi autour de son groupe.

Mohamed Salah, toujours le centre de gravité

Même si le Salah de Liverpool n’est plus celui des années de feu, celui de la sélection reste le cœur du projet. Il est le système offensif à lui seul, la première solution, la dernière, et souvent la seule. Il a encore été décisif en qualifications, notamment lors du match qui a scellé le billet pour le Mondial. Il fêtera ses 34 ans le jour du premier match de l’Égypte, et il sait que cette Coupe du monde pourrait être sa dernière chance de laisser une trace durable dans l’histoire du pays.

Ibrahim Adel, une alternative qui change tout

Ibrahim Adel apporte quelque chose que l’Égypte n’a pas toujours eu : un joueur capable de créer du danger loin de Salah. L’ailier de Nordsjælland n’est pas un dribbleur de ligne, mais un joueur qui attaque les demi‑espaces, arrive dans la surface au bon moment et presse avec une intensité rare pour un attaquant égyptien. Il ne débutera peut‑être pas chaque match, mais son profil peut libérer Salah et diversifier un jeu souvent trop orienté à droite.

Marwan Attia, le ciment silencieux

Marwan Attia est l’un de ces joueurs que l’on remarque peu, mais dont l’absence se voit immédiatement. Il protège les centraux, couvre les latéraux, coupe les contres, relance proprement et permet aux joueurs offensifs de prendre des risques. Après la qualification, il a parlé de la fierté de représenter l’Égypte et de l’objectif clair de cette génération : offrir au pays sa première victoire en Coupe du monde.

Un soutien populaire limité par la réalité économique

Les supporters égyptiens seront présents, mais en nombre réduit. Le visa américain coûte plus cher que le salaire minimum en Égypte, sans compter les billets, les vols et l’hébergement. La majorité des fans suivront donc les matchs depuis les cafés, les salons ou les écrans de téléphone. En Amérique du Nord, on retrouvera surtout la diaspora, quelques familles aisées du Caire, des expatriés et des invités corporatifs. Les Ultras, autrefois la voix la plus puissante du football égyptien, ont été réprimés depuis 2013 et ne seront pas de la partie.

Une relation politique particulière avec les États‑Unis

Officiellement, la sélection et la fédération évitent les prises de position. Mais la relation entre Washington et Le Caire est bien connue : Trump a souvent ménagé l’Égypte, allant jusqu’à qualifier Sissi de “favourite dictator”. Le président égyptien lui a rendu la pareille en affirmant que Trump était “le seul capable d’apporter la paix dans la région”. Le point de tension du Mondial est ailleurs : la fédération égyptienne a demandé à la FIFA de bloquer les activités liées à la Pride autour du match Égypte–Iran à Seattle, invoquant des raisons culturelles et religieuses.

Une équipe solide, limitée, mais déterminée

L’Égypte n’a jamais gagné un match de Coupe du monde. C’est l’objectif minimal, presque une obsession. L’équipe est cohérente, disciplinée, difficile à bouger, mais dépendante d’un homme qui approche de la fin de son histoire internationale. Si Salah est dans un grand soir, tout devient possible. Si les adversaires le neutralisent, les Pharaons devront trouver des solutions qu’ils n’ont pas toujours su inventer.

Ce Guide Égypte Coupe du Monde 2026 montre une sélection qui avance avec prudence, mais aussi avec une conviction profonde : le moment est venu de briser la malédiction.

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