La Fécafoot multiplie les conventions, mais les réalités du football local restent inchangées. Lesjoueurs sont sans soins, les clubs sans moyens, les championnats se jouent là où on ne paie pas les terrains. Le partenariat annoncé avec le Groupe Hospitalier turc Memorial soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses, surtout face à l’initiative beaucoup plus concrète du Synafoc. La Fécafoot déploie sa communication et et veut continuellement marquer les esprits.
Un partenariat de plus, mais pour quels résultats ?
Le football camerounais ne se joue plus seulement sur les terrains, mais dans les salons où s’enchaînent les signatures de conventions. Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot, combien d’accords ont été signés ? Cinquante ? Une centaine ?
Malgré cette avalanche d’annonces, les résultats concrets restent invisibles pour les acteurs du football local.
La Fécafoot a officialisé une nouvelle entente avec le Groupe Hospitalier turc Memorial et sa branche camerounaise. Selon la communication fédérale, ce partenariat offrirait aux footballeurs et anciens footballeurs camerounais un accès à des soins de haut niveau, y compris des évacuations sanitaires vers la Turquie si nécessaire.
La cérémonie s’est tenue au siège de la Fécafoot, en présence du président Samuel Eto’o et de l’ambassadeur de Turquie, S.E. Volkan Öskiper. Le Memorial Hospital a exprimé sa fierté d’accompagner le football camerounais.
Un partenariat qui interroge : mais où sont les hôpitaux Memorial au Cameroun ?
Le Groupe Memorial ne possède aucun hôpital ni aucune structure médicale au Cameroun. Ses dix établissements sont tous situés en Turquie.
Dès lors, une question simple s’impose : Comment assurer une prise en charge quotidienne des joueurs évoluant dans les championnats locaux ?
Les clubs manquent de tout. Des salaires des joueurs et staffs sont impayés, des matchs se disputent sans ambulance ou physiothérapeutes. Peu dispose de médecins pour suivre les joueurs.
Dans ces conditions, imaginer un joueur blessé à Bertoua être évacué en avion médicalisé vers Istanbul relève de la fiction. Et même si cela arrivait, qui paierait la facture ? Une Fécafoot déjà incapable de régler ses dettes internes ?
Un doublon inutile face à l’initiative du Synafoc
Le Synafoc de Geremi Njitap a récemment lancé une couverture santé universelle pour ses membres, en partenariat avec le Centre Médical BEN’SS, qui dispose d’antennes sur tout le territoire camerounais. Un dispositif concret, local, opérationnel.
Pourquoi la Fécafoot choisit-elle de signer une convention internationale sans implantation locale, plutôt que de renforcer une initiative déjà fonctionnelle et adaptée aux réalités du pays ?
Cette nouvelle signature ressemble davantage à une opération de communication qu’à une solution durable.
Les joueurs attendent des soins accessibles, des infrastructures médicales, des ambulances, des médecins de terrain.
Pas des conventions spectaculaires sans impact réel.
On attend les résultats
Comme pour les sélections nationales, les Camerounais attendent des résultats tangibles. La Fécafoot devra démontrer que cette convention n’est pas une annonce de plus, mais un véritable progrès pour les acteurs du football local.












