Sous le feu des critiques après le verdict disciplinaire de la finale de la CAN 2025, Patrice Motsepe a publié une déclaration officielle promettant un renforcement des règles et des sanctions à l’avenir. Tout en défendant l’indépendance des instances judiciaires de la CAF, le président de l’instance tente de répondre à la polémique née d’une décision qui continue de diviser le football africain.
La Confédération africaine de football a publié une déclaration officielle de son président, Patrice Motsepe, au lendemain de la tempête provoquée par le verdict disciplinaire de la finale de la CAN 2025. Dans son message, le patron du football africain réaffirme la volonté de l’instance de protéger l’intégrité et la réputation des compétitions continentales, tout en annonçant une révision en profondeur des outils disciplinaires.
Motsepe se dit «absolument déterminé», aux côtés du Comité exécutif et des 54 associations membres, à préserver la crédibilité du football africain sur la scène mondiale. Il reconnaît avoir été «profondément déçu» par les événements survenus lors de la finale, qualifiés d’«incidents inacceptables», mais insiste sur le respect strict de l’indépendance des organes judiciaires de la CAF.
Patrice Motsepe face aux sanctions controversées de la finale de la CAN 2025
Cette prise de parole intervient dans un contexte de forte polémique. Le verdict rendu par la commission de discipline continue de diviser observateurs et fédérations. Au Maroc, les sanctions sont jugées disproportionnées et incomplètes, tandis que d’autres estiment que la décision n’a pas traité avec suffisamment de clarté les faits les plus graves ayant conduit à l’interruption de la rencontre.
Le président de la CAF précise néanmoins qu’il prend acte de la décision disciplinaire et qu’aucune ingérence politique ne doit interférer avec le travail des instances judiciaires. Dans le même temps, il annonce avoir convoqué une réunion du Comité exécutif afin d’examiner les règlements de la CAF, y compris le Code disciplinaire.«J’ai convoqué une réunion du Comité Exécutif de la CAF (COMEX), la plus haute instance décisionnelle de la CAF en dehors de l’Assemblée Générale Ordinaire annuelle, afin d’examiner les règlements de la CAF, y compris le Code Disciplinaire. Cet examen vise à garantir que les organes judiciaires de la CAF disposent de pouvoirs suffisants pour infliger des sanctions appropriées et dissuasives en cas de violations graves des Statuts, Règlements et du Code Disciplinaire de la CAF, ainsi que pour tout comportement portant gravement atteinte à la réputation, à l’intégrité, au respect et à la compétitivité mondiale du football africain et des compétitions de la CAF», a annoncé Motsepe.
Cette révision vise clairement à combler les failles révélées par la finale, afin d’éviter qu’un épisode similaire ne se reproduise. Motsepe consacre d’ailleurs une partie importante de sa déclaration à l’arbitrage, rappelant que la CAF a déjà engagé des réformes pour renforcer la qualité et l’indépendance des arbitres africains, des opérateurs VAR et des commissaires de match.
Il promet des investissements supplémentaires et un renforcement de l’expertise technique pour hisser ces officiels «au niveau des meilleurs au monde». Selon lui, la crédibilité des compétitions africaines repose sur une confiance totale dans l’impartialité de l’arbitrage.
Au-delà du volet technique, la déclaration a une portée politique évidente: la CAF veut montrer qu’elle tire les leçons d’une crise majeure. Motsepe affirme être convaincu que les réformes en cours permettront au football africain de continuer à être «respecté, admiré et parmi les meilleurs au monde».
Mais la polémique reste vive. La finale Maroc–Sénégal dépasse désormais le cadre sportif: elle est devenue un test pour l’autorité institutionnelle de la CAF. En promettant un durcissement réglementaire tout en défendant l’indépendance de ses juges, l’instance tente de refermer une séquence explosive sans éteindre un débat qui, lui, est loin d’être clos.
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