On s’est bombé le torse sur les performances des Lions Indomptables contre les équipes du premier tour de cette CAN 2025. La victoire contre une sélection franchement faible du Gabon aura mis la table. D’ailleurs, le score étriqué contre cette sélection, moins que même le Mozambique peut en témoigner. Et le match nul contre une sélection de Côte d’Ivoire qui avait peur d’un épouvantail a fait monter l’enthousiasme. Les histoires de la sélection nationale de football du Cameroun peuvent remplir des dizaines de volumes aussi gros que la Bible. Mais peut-on réellement aller au combat sans ses meilleurs éléments ? Peut-on livrer des batailles tactiques avec des joueurs qui ne sont pour la plupart, que de simples faire valoir en club ? Quand bien même ces clubs, en première comme en 8e division, ne sont pas les meilleurs de leur championnat ? Est-ce logique qu’un technicien, qui ne s’est jamais frotté au très haut niveau, gère des joueurs qui ne respectent que la qualité ? David Pagou pouvait-il avoir d’autres arguments que le Hemlè ou le kicker ball comme on l’a vu trop souvent pour gérer le jeu moderne avec ses exigences de vitesse et de vivacité ?
Comparer les Lions Indomptables de la CAN 2025 à ceux de la CAN 2027, vraiment ?
On nous a bâché les oreilles avec l’exemple des Lions de 2017. Il serait de bon ton de clarifier que l’exécutif de cette Fécafoot avait essuyé les revers de plusieurs joueurs. Heureusement, ce n’était des joueurs majeurs, hormis Eric Maxim Choupo-Moting. Les jeunes joueurs avaient préféré donner l’argument de leur carrière naissante pour se défiler. Les capitaines Nicolas Nkoulou et Benjamin Moukandjo, étaient bien présents. Aboubakar Vincent, Sébastien Siani, Arnaud Djoum. Adolphe Teikeu, Georges Mandjeck, Michael Ngadeu, Karl Toko-Ekambi, etc… avaient tous répondu à l’appel. Il se susurre qu’un ancien joueur était derrière les défections de plusieurs joueurs dont André Onana et Eric Maxim Choupo-Moting. Il n’y a cependant jamais eu de preuve.
Dans ce pays où les analphabètes deviennent des Présidents de fédération, où les fils de Préfets sont assurés de devenir Préfets comme leur parent, rien ne se planifie. Franchement fière de ses huit participations à une phase finale de Coupe du Monde, avec la providence qui nous a si souvent bien gavé, la Fécafoot croit qu’à la fin, il n’y a de règle à rien. Qu’un pays, avec pour Président de fédération un ancien joueur du FC Barcelone croit à la création de la victoire uniquement de par le « Hemlè », même avec des joueurs de division 6 du Brésil, est très intriguant. pourquoi donc, les clubs où il a joué dépensaient des fortunes en frais de transfert s’il ne s’agissait que du Hemlè ?
Le seul proofing acceptable ne sont pas les photos des réseaux, mais les réalisations claires
La réalité est que tout se construit. L’exemple le plus parlant est celle de la Fédération Royale Marocaine. En seulement quelques années, elle a réussi à tutoyer les grandes nations de football. Il faut le dire que de la conception à la restitution, Fouzi Lejka a réussi un tour de force. C’est le seul proofing acceptable. Les actions qui parlent d’elles-même, sans avoir besoin d’influenceuses sociales.
Qu’on se le dise. Il n’y a aucun substitut au talent. De mon mètre 95, que j’ai autant d’heures d’entraînement que mon bientôt quart de siècle, même avec tout le Hemlè du Cameroun, je ne battrais jamais aucun record en athlétisme. Je ne deviendrais jamais Kylian Mbappé ou Cristiano Ronaldo. C’est la simple réalité. Avec les moyens technologues dont on dispose de nos jours, seuls la connaissance, la tactique, l’intelligence, le know-how, peuvent bousculer le cours des choses. David Pagou a vraiment beaucoup de Hemlè, et il croit de manière impeccable à Dieu. Mais sa magie de David Pagou a été annihilée par la tactique de Walid Regragui du Maroc. Et ses joueurs n’ont même pas eu à faire étalage de leur talent.
On doit penser, concevoir, planifier, mettre en place, orienter, monitorer, nos prochains succès. La magie n’existe pas en football. Et ce n’est surtout pas une création ou une exclusivité du Cameroun. Chaque joueur, chaque entraîneur, chaque staff, doit mériter sa place. Cela s’appelle de la méritocratie. Et ça, les camerounais doivent arrêter de croire au messie.












