Tombi - Akoa : Bataille rangée de titans sur du gazon synthétique

Camfoot

Bienvenue dans la jungle ! Le président de la Fécafoot et le Directeur général du Fond spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (Feicom) se livrent à une intense activité épistolaire autour de « l’octroi à la commune de Ngoumou d’une lettre de garantie lui permettant de lancer les travaux de construction de son stade municipal ». Entre leçons inaugurales, recadrages, désaveu et remise en question de certaines missions ou champs de compétences de l’un comme de l’autre protagoniste, tous les coups sont permis.

Le 20 juin 2016
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Le premier est le nouveau patron de la Fécafoot depuis le 29 septembre 2015, date de son installation. Ce serait un doux euphémisme que de dire qu’il a démarré son « règne » dans un environnement marqué par une crise post-électorale visant à contester sa légitimité à la tête de l’exécutif qu’il conduit, est dans un chaudron. Porteur d’un ambitieux programme de développement du football au Cameroun, il veut contre vents et marées, ignorer la dissidence pour progresser. Chef de file de la nouvelle Fécafoot composite, qu’il qualifie lui-même de « nouvelle dynamique », l’ancien secrétaire général, devenu Numéro 1 de l’instance faîtière du sport roi au pays de Samuel Eto’o, reste l’homme à abattre aux yeux de ses détracteurs. Contesté, vomi, honni et désavoué par presque tout l’ensemble du gotha du football camerounais du fait de son appartenance à l’ancien régime Iya, il est depuis l’annonce de sa candidature, sur le gril.

Une fois sur le trône (querellé), l’ancien président de la Commission des arbitres à la Ligue provinciale de football du Littoral a presque perdu le sommeil. Entre procès dans les instances juridictionnelles où son nom résonne comme un gong et promesses d’une fin de règne au gnouf, Tombi pensait esquiver les flèches des tribunaux pour poser les jalons d’un sport roi qui se meurt en décidant de réhabiliter certains stades de la république non sans les équiper de gazon synthétique. Un projet qui connaît des débuts laborieux du fait de certaines pesanteurs plus ou moins compréhensibles.

Salles d’audiences

Le second est un brillant Diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) qui a été porté il y’a bientôt dix ans à la tête du Feicom. Magistrat de 3ème grade, il a été, de 1990 à 1992, substitut du procureur de la République près les tribunaux de Kaélé. De 1992 à 1997, il sera tour à tour chef du service de la nationalité au ministère de la Justice, puis chef du service des affaires civiles, commerciales, sociales et traditionnelles. Une fonction qu’il quittera pour retrouver les salles d’audiences, en décembre 2002, date à laquelle il est désigné juge au Tribunal de Grande instance du Mfoundi. Depuis le 21 juin 2005, il connaît un premier bond dans sa carrière professionnelle. Il accède aux fonctions de chef de la division des Affaires juridiques du ministère de l’Economie et des Finances avant de se voir confier les clés du Feicom, suite au départ précipité pour la « 11e province » de son prédécesseur Gérard Ondo Ndong, accusé de faute de gestion et de détournements de fonds publics.

Contours flous

Tombi à Roko Sidiki et Philippe Camille Akoa au nom du projet querellé des stades à gazons synthétiques ont enflammé l’actualité footballistique ces deux dernières semaines à travers des sorties épistolaires au ton caustique et acidifié. Akoa qui a cru bon d’adresser le 17 mai dernier une lettre au ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee) par ailleurs président de l’Association des élites de Ngoumou et surtout président du conseil d’administration de Renaissance football club de Ngoumou, au sujet « l’octroi à la commune de Ngoumou d’une lettre de garantie lui permettant de lancer les travaux de construction de son stade municipal », est le premier à mettre le feu au poutres. Dans son courrier présenté sous la forme d’un cours d’administration publique, le numéro 1 du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale, s’appuyant sur des motifs plus ou moins raisonnables, a refusé de débloquer de l’argent pour ce projet dont il trouve les contours flous. L’homme, pour se justifier, soulevait au passage la loi des quotes-parts que la Fécafoot, arguait-il, n’avait pas respecté.

Programmes communaux

Plus de 25 jours plus tard, c’est Tombi qui prend la plume pour recadrer le diplômé de l’Enam. Pour ce faire, l’ancien secrétaire général de la Fécafoot n’y va pas de main morte. En témoigne la densité et le caractère volubile du signataire de la correspondance dont Camfoot en a publié l’intégralité. Point après point, il démonte l’argumentaire de son interlocuteur. Sur la prétendue offre de partenariat entre l’instance faitière du football camerounais et le Feicom, Tombi rappelle à la décharge de son destinataire que l’institution qu’il dirige n’a jamais sollicité le Feicom d’une offre formelle ou informelle de partenariat entre les deux structures. « Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement au regard des missions dévolues au Feicom par la législation et la réglementation en vigueur. Ces missions consistent ben l’appui et au financement des communes ou de leur regroupement par la gestion des ressources publiques destinées aux projets et programmes communaux et intercommunaux. L’invitation faite au Feicom de participer aux séances de travail susmentionnées avait pour objectif de l’amener à apprécier dans la quelle mesure il pouvait accompagner les communes ayant accepté de participer au projet de construction des stades initié par la Fécafoot », écrit-il.

Le football camerounais déshonoré

Tout comme il lui remonte les bretelles au sujet de la baisse de la quote-part dévolue aux communes, appelant l’attention de l’ancien substitut du procureur de la République près les tribunaux de Kaélé sur le fait que les contrats signés avec lesdites communes stipulent que la Fécafoot prend en charge l’ensemble des dépenses relatives à la conception et la construction d’une aire de jeu en gazon synthétique et ses accessoires, tandis que la commune prend en charge les dépenses relatives à la construction des gradins et des vestiaires. Au total, six pages pleines dans lesquelles l’expéditeur s’est mué en maître de conférences, pour rappeler à Camille Akoa, quelques leçons d’administration générale et territoriale, un peu de diplomatie et de relations internationales, d’administration des finances, du management des services publics et même de l’administration des finances et du Trésor. En attendant, la réaction de ce dernier, l’on continue de vivre en spectateur cette bataille de caïds qui n’honore en rien l’image de notre football qu’on dit en pleine refondation. Shame !

Christou DOUBENA


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