Spécial compte à rebours Can féminine

Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

Camfoot

Mis à l’étroit par des policiers qui ont pris leurs places dans la tribune de presse, puis interdits d’accès à la zone mixte pour des interviews toujours sur instruction d’un Commissaire de police, les journalistes camerounais ont encore vécu un après-midi incroyable ce jeudi, lors du match amical ayant opposé les Lionnes à la Tanzanie, au stade Omnisports de Yaoundé. Ils en appellent à la CAF afin que celle-ci puisse recadrer la police locale qui selon eux, se trompe de contexte. Leurs réactions.

Le 11 novembre 2016
commentaires

Lindovi Ndjio, La Nouvelle Expression

« A l’allure où vont les choses, il y aura clash au lancement de la Can. Pourtant représentée lors des réunions du Cocan, la police ne change pas toujours sur le terrain. Quand ils ne choisissent pas les sièges de la tribune presse, où ils viennent dicter leur loi aux journalistes, ils vous empêchent de vous déployer sur le terrain. Il va falloir un séminaire particulier aux policiers. Ils vont jusqu’à vous exiger des costumes pour entrer au stade. C’est extraordinaire quand même ».

Mirabeau Mahop, Canal 2

« Nous sommes à 9 jours d’une compétition internationale, on attend de recevoir des étrangers, et donc il y a certains automatismes qu’on devrait déjà tous avoir. Ces matchs amicaux des Lionnes c’est pour permettre à tout le monde de se recycler, de se mettre au pas avant le coup d’envoi. Mais ce n’est pas toujours ça. Autant on doit éduquer le public à accepter les résultats des matchs, autant on demande à la presse de rendre fidèlement compte des rencontres, autant on doit éduquer la police pour qu’elle sache ce qu’elle doit et ne doit pas faire. Sinon il y aura un clash et c’est la CAF qui va se sentir choquée. La CAF doit chercher à comprendre si on a ces automatismes internationaux, et voir comment recadrer la police afin que la couverture médiatique du tournoi ne vire pas à une pluie de faits divers ».

Jean Marie Nkoussa, Stad’Afric

« La police ne comprend pas bien son travail. Celle-ci passe le temps à nuire aux autres notamment, la presse. Je suis arrivé au stade ce jeudi, et j’ai remarqué que les places de la tribune de presse étaient occupées par des journalistes, mais également par des policiers. Ils se croient tout permis. Ce qui est inimaginable dans d’autres pays. Le gouvernement camerounais devrait à mon avis organiser des séminaires spécifiques pour ces corps de métier. A défaut il faudrait appeler la CAF au secours, en espérant que les choses puissent changer dans l’environnement camerounais. Parce qu’on a le sentiment qu’on aura toutes les peines à couvrir la prochaine Can ».

Alain Kanga, Canal 2

« La police passe le temps à frustrer les journalistes dans les stades. C’est la même chose tout le temps. C’est à croire qu’ils ont un problème particulier avec la presse. La Can c’est dans 9 jours, et j’ai l’impression que le gouvernement a oublié les hommes en tenue à un séminaire clair. Par conséquent, il faut peut-être que la CAF insiste pour l’éducation de ces policiers, afin qu’il n’y ait pas de confusion pendant le tournoi. Imaginez que ces policiers viennent à interdire des journalistes étrangers de faire leur travail convenablement, parce qu’un tel commissaire à donner ses instructions. Ce serait dramatique pour notre image. La CAF doit clairement donner la conduite à tenir à ces hommes en tenue ».

Recueillis par Arthur Wandji


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Vos commentaires

  • Le 11 novembre à 19:55, par bamyaben En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

    Le Cameroun et plus précisément le régime politique de Biya est incontestablement un régime totalitaire.

    Le totalitarisme est un régime à parti unique, n’admettant aucune opposition organisée et dans lequel l’État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Il ne s’agit pas seulement de contrôler l’activité des personnes, comme le ferait une dictature classique.
    Le régime totalitaire va au-delà en tentant de s’immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté.

    Les caractéristiques habituellement retenues pour définir le totalitarisme sont :

    1) Un monopole idéologique, c’est-à-dire la conception d’une vérité qui ne supporte aucun doute, qui est imposée à tous et qui est généralement orientée vers la lutte contre les ennemis du régime, un parti unique contrôlant la totalité de l’appareil étatique c’est-à-dire disposant de l’ensemble des moyens de communication de masse qu’il utilise comme des instruments de propagande, qui crée des structures d’embrigadement de chaque catégorie de la société et qui dispose d’une direction centrale de l’économie.

    • Le 11 novembre à 19:57, par bamyaben En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

      2) Un chef charismatique et autour duquel est formé un « culte du chef ou de la personnalité », faisant de lui plus qu’un simple dictateur mais plutôt un dieu, le guide pour son peuple, lui seul en connaissant les véritables aspirations. Le culte de la personnalité est l’adulation excessive d’un chef d’État dans un régime totalitaire. Par extension, elle peut s’appliquer à toute personne en vue bénéficiant d’un fort battage médiatique. Le culte de la personnalité est entretenu par divers moyens de propagande, et suppose en particulier une large utilisation des médias et des évènements, les rassemblements et les manifestations étant spontanés ou non.

    • Le 11 novembre à 19:59, par bamyaben En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

      3) Un Etat policier : Un monopole de la force armée, un système à la fois policier qui a recours à la terreur avec par exemple un réseau omniprésent d’agents dormants et de surveillance des individus, basée sur la suspicion, la dénonciation et la délation ; Et également concentrationnaire afin de pouvoir se prémunir contre tout individu potentiellement suspect. Ainsi ces systèmes ont systématiquement recours à l’emprisonnement, la torture et l’élimination physique des opposants ou personnes soupçonnées comme telles, et la déportation des groupes de citoyens jugés « suspects », « inutiles » ou « nuisibles ».
      L ’État policier est un État qui, pour maintenir et faire respecter les prérogatives du pouvoir politique, utilise la police, en particulier la police secrète, et de manière générale la surveillance policière grâce notamment aux fichiers policiers allant jusqu’à faire usage de moyens violents et arbitraires si nécessaire.

    • Le 11 novembre à 20:01, par bamyaben En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

      Un État policier se distingue spécifiquement par ses caractéristiques totalitaires ou l’utilisation de moyens radicaux pour assurer le contrôle social. Dans un tel État, la police n’est pas soumise aux règles de l’État de droit.
      « L’État de police est celui dans lequel l’autorité administrative peut, d’une façon discrétionnaire et avec une liberté de décision plus ou moins complète, appliquer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l’initiative, en vue de faire face aux circonstances et d’atteindre à chaque moment les fins qu’elle se propose : ce régime de police est fondé sur l’idée que la fin suffit à justifier les moyens. À L’État de police s’oppose l’État de droit... »

    • Le 11 novembre à 20:02, par bamyaben En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

      4) Une république bananière : Dans une république bananière, les autorités de répression permettent le maintien d’une économie palatine sur le plan du modèle économique, sans contestation de la population sauf au travers d’un sanglant renversement de régime.

      A vous de juger ce qu’est ce régime criminel et monstrueux qui a pris tout un peuple en otage depuis plus de trente ans où BOLLORE dans son exploitation de la misère tue des centaines de camerounais dans un train de la mort sans qu’aucune autorité n’ose dénoncer son crime odieux en nommant le Responsable qui est BOLLORE.
      On rénove un petit stade départemental et on fait tout un tapage. Une seule route rurale dénommée Nationale 3 (au lieu de l’hécatombe Nationale 1) qui relie les deux principales villes d’un pays de plus de 20 millions d’habitants) dont l’effondrement d’un petit pont paralyse tout un pays et est à l’origine de plus de 300 morts à Eseka.

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  • Le 11 novembre à 16:37, par Rasta En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

    Par delà la corruption, le truc chez nous c’est que les opérations de sécurisation sont menées comme de vrais campagne d’intimidation. Si la CAF ne fait pas attention, ce sera invivable. Encore heureux que le Président Biya n’aille pas à tous les matchs. Toutes les fois que ce mec met son nez dehors, on a l’impression que le pays est pris par une armée d’occupation. Heureusement que parmi eux, ça aussi il faut le reconnaître, il y’a de vrais pro.

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  • Le 11 novembre à 11:14, par alser En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

    vous ne croyez pas si bien le dire mes chers(pat2lyon et meli)

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  • Le 11 novembre à 08:20, par pat2lyon En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

    Mon cher @Meli, tu parles de compléter leur cycle secondaire ? Parce que selon toi ça permet d’inculquer des valeurs morales ? Encore heureux que certains n’aient que le CEPE. Au moins leur intelligence dans le vice ne se limite qu’à extorquer 500 ou 1000 fcfa à leurs concitoyens. Parce que s’ils avaient des licences, Master, doctorat et autres, c’est carrément des montages financiers qu’ils feraient sur le dos des camerounais comme le font si bien tous les gros voleurs qui nous dirigent. Tu connais combien de victimes de l’opération épervier qui ne soient « multi » diplômés des plus grandes universités à travers le monde.
    Donc vraiment, laisse mes « gnès » tranquilles avec leurs CEPE/BEPC. Chaque journaliste qui veut s’asseoir n’a qu’à refiler un « fap cent » ou un « kolo » et le tour est joué.

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  • Le 11 novembre à 05:30, par meli En réponse à : Cameroun : la presse appelle la CAF au secours

    Il faut réellement un séminaire d’éducation de la police pas seulement pour la can mais pour la bonne conduite mentale des ses hommes. En effet ils se crois tout permis et vous verez un monsieur dont le BEPC lui a permis d’accéder a la police se confondre au DGSN. Un séminaire serait même insuffisant je propose un retour a l’école pour compléter leur cycle secondaire mais dommages le comportement barbares fait partie intégrante de leur cotidien

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